Condamnation légère pour un opposant à l'aéroport de Nantes

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UN MOIS AVEC SURSIS POUR UN OPPOSANT AU PROJET D'AÉROPORT PRÈS DE NANTES
UN MOIS AVEC SURSIS POUR UN OPPOSANT AU PROJET D'AÉROPORT PRÈS DE NANTES

SAINT-NAZAIRE, Loire-Atlantique (Reuters) - Un opposant au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) a été condamné mardi à un mois de prison avec sursis pour "violences aggravées" après avoir reculé sur un barrage de gendarmes avec son tracteur lors d'une manifestation.

Le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire n'a suivi que partiellement les réquisitions du procureur, qui avait réclamé le 28 août une amende de 800 euros et un an d'interdiction de manifester sur la commune à l'encontre de Sylvain Fresneau.

"Cette interdiction de manifester est un cas unique, absolument incompatible avec une grande démocratie", avait alors estimé la coordination des opposants au projet d'aéroport, pour qui le droit de manifester était alors "en danger".

Bien que jugeant la peine "clémente", son avocat a annoncé mardi son intention de faire appel du jugement du tribunal correctionnel. "Quand on est innocent, on ne peut se satisfaire d'être reconnu coupable", a déclaré Erwan Le Moigne.

Sylvain Fresneau, 50 ans, s'était défendu en disant que la man?uvre au volant de son tracteur - qui n'avait pas fait de blessé - avait été "mal comprise". Les faits s'étaient produits le 21 juin dernier, à Notre-Dame-des-Landes, en marge de la tenue de l'enquête publique relative à la loi sur l'eau.

Plusieurs centaines de manifestants - parmi lesquels l'eurodéputé José Bové - étaient venus le soutenir le 28 août, accompagnés de quelque 150 tracteurs.

La construction et la concession du futur aéroport, situé à 30 km au nord de Nantes, ont été confiées au groupe Vinci, qui évalue son coût à 560 millions d'euros. Il en déboursera 320, le reste étant payé par l'Etat (125,5 millions d'euros) et les collectivités locales (115,5 millions d'euros).

Le projet, dont les écologistes réclament l'abandon, est porté par l'Etat et soutenu par les élus socialistes locaux, dont le Premier ministre et ancien député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault.

Présenté par ses promoteurs comme un "transfert" de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique, situé en périphérie immédiate de la ville et menacé selon eux de "saturation", le futur équipement vise à réduire les nuisances en termes de bruit et le "sentiment d'insécurité" d'une partie des habitants de l'agglomération survolés par les avions.

Sa construction, qui "a pour ambition l'excellence environnementale", doit démarrer en 2014.

Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse

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  • paumont1 le mardi 11 sept 2012 à 17:24

    l'excellence environnementale? Pour un aéroport la seule possibilité c'est de ne pas le construire.