Commission européenne dans le collimateur de Varsovie et Prague

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 (Actualisé avec Premier ministre tchèque) 
    VARSOVIE, 28 juin (Reuters) - La direction de la Commission 
européenne devrait démissionner car elle n'a pas été en mesure 
de préserver l'unité de l'Union européenne, après la décision 
des Britanniques de s'en retirer, a estimé mardi le chef de la 
diplomatie polonaise, Witold Waszczykowski. 
    Selon lui, certaines prérogatives de la Commission 
européenne devraient être transférées au Conseil européen, qui, 
contrairement à la Commission, dispose d'un mandat démocratique. 
    Le gouvernement polonais, constitué de membres du parti 
eurosceptique PiS (Droit et justice), est actuellement en 
délicatesse avec Bruxelles sur plusieurs questions comme la Cour 
constitutionnelle, la politique climatique, les coupes claires 
prévues dans la forêt ancestrale de Bialowieza ou encore sur la 
politique migratoire. 
    "D'ordinaire, en politique, en cas d'échec d'un projet 
politique -- et ici, le projet politique est de préserver 
l'unité européenne -- quelqu'un doit changer les règles du jeu 
ou confier à d'autres politiciens le soin d'améliorer ce 
projet", a dit le ministre polonais. 
    "Nous nous demandons si la direction de la Commission 
européenne, qui voici quelques mois appelait les politiciens à 
cesser d'écouter leur électorat, est habilitée à rester en 
fonctions(...)", s'est interrogé Witold Waszczykowski. 
    "A notre avis, elle ne l'est pas", a-t-il ajouté. "De 
nouveaux visages politiques, de nouveaux commissaires devraient 
se charger du travail, et avant toute chose, nous devons 
accorder de nouvelles prérogatives au Conseil européen, car il 
est composé de représentants politiques qui ont un mandat 
démocratique", a poursuivi le chef de la diplomatie polonaise. 
     
    PRAGUE POUR UNE COMMISSION AUX POUVOIRS RÉDUITS 
    De son côté, le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, 
a joint sa voix mardi à celles qui, en Europe centrale ou 
orientale, appellent à réduire les pouvoirs de la Commission 
européenne, dans la foulée du référendum britannique. 
    "Il nous faut changer le fonctionnement global de l'UE et je 
pense qu'il est nécessaire de changer celui de la Commission 
européenne", a dit Bohuslav Sobotka à Bruxelles, où il participe 
au sommet européen de ce mardi et de mercredi. 
    "Les Etats membres doivent constituer le moteur de 
changements positifs au sein de l'UE(...). Je serais très 
heureux que la Commission contribue davantage à trouver des 
compromis au sein de l'UE", a-t-il continué. 
    "J'aimerais que la Commission respecte davantage les 
décisions du Conseil européen", a-t-il dit en faisant allusion 
aux chefs d'Etat et de gouvernement qui prennent part aux 
sommets européens.  
    "Si nous décidons qu'il n'y a pas de consensus, par exemple 
sur un mécanisme permanent et obligatoire concernant (le partage 
des) réfugiés, il est impossible que la Commission n'en tienne 
pas compte". 
    S'adressant mardi devant une session extraordinaire du 
parlement européen, Jean-Claude Juncker, le patron de la 
Commission européenne, a assuré qu'il ne démissionnerait pas, 
malgré le référendum britannique et les spéculations sur sa 
santé, relayées par certains médias.  
    "Je ne suis ni fatigué ni malade", a-t-il affirmé. "Je 
lutterai jusqu'au bout en faveur d'une Europe unie". 
 
 (Martin Goettig; Eric Faye pour le service français) 
 
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