Commerzbank pourrait thésauriser pour échapper aux taux négatifs de la BCE

le
0
    par Arno Schuetze et Andreas Kröner 
    FRANCFORT, 8 juin (Reuters) - Commerzbank  CNKG.DE , la 
deuxième banque allemande, étudie la possibilité de thésauriser 
des milliards d'euros dans ses coffres, plutôt que de payer des 
pénalités pour le placement de ses fonds auprès de la Banque 
centrale européenne (BCE), apprend-on de sources proches du 
dossier. 
    Une telle initiative de la part d'une banque partiellement 
détenue par l'Etat représenterait une des manifestations les 
plus fortes contre la politique de taux bas de la BCE, vivement 
critiquée par les dirigeants politiques allemands, y compris par 
le ministre des Finances Wolfgang Schäuble.  
    Même si aucune décision n'a été prise jusqu'à présent, 
l'établissement de crédit a discuté avec les autorités 
allemandes, rapportent deux sources gouvernementales. 
    Un porte-parole de Commerzbank a fait savoir que la banque 
ne stockait pas de liquidités dans ses coffres "pour le moment" 
et s'est refusé à tout commentaire sur la question de savoir si 
elle pourrait le faire dans l'avenir. 
    La BCE a refusé de commenter ces informations. 
    Si la banque allemande décidait de thésauriser à grande 
échelle, elle serait la première grande banque européenne à le 
faire. Si d'autres grands établissements suivaient le mouvement, 
cela pourrait rendre la politique de taux négative inefficace. 
    La BCE applique un taux dit négatif de quatre euros par an 
pour chaque dépôt de 1.000 euros, une mesure qui vise à 
encourager les banques à prêter plutôt qu'à placer leurs fonds. 
    Mais certaines banques attribuent le bas niveau de leurs 
émissions de crédit à la faiblesse de la demande de prêts, dans 
un contexte économique morose, et disent qu'elles n'ont pas 
d'autre possibilité que de placer leurs fonds en dépôt.  
    Commerzbank est détenue à près de 16% par l'Etat allemand à 
la suite d'un plan de sauvetage pendant la crise financière.     
    Néanmoins, la thésaurisation a un coût, notamment 
d'assurance contre le vol ou l'incendie, et pose des problèmes 
logistiques qui limitent les quantités possibles à stocker.  
    Deux milliards d'euros en billets de 200 euros représentent 
une pile d'un poids d'environ 11 tonnes.  
    Le coût du transport de telles quantités d'argent, en toute 
sécurité, a découragé les caisses d'épargne régionales 
allemandes de garder leurs liquidités dans des coffres.     
 
 (Avec Jonathan Gould, Frank Siebelt et Rachel Armstrong, 
Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant