Commerzbank, affectée par la Grèce, augmente son capital

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LE 4E TRIMESTRE DE COMMERZBANK AFFECTÉ PAR LA GRÈCE
LE 4E TRIMESTRE DE COMMERZBANK AFFECTÉ PAR LA GRÈCE

FRANCFORT (Reuters) - Commerzbank a expliqué jeudi que les remous provoqués par la crise de la dette souveraine continuaient de menacer son activité, après voir publié un résultat trimestriel grevé par une charge de près d'un milliard d'euros passée sur des actifs grecs.

Le président du directoire Martin Blessing a également annoncé que la deuxième banque allemande allait effectuer une augmentation de capital de l'ordre du milliard d'euros, destinée à renforcer son bilan alors que la banque cherche à se conformer aux exigences prudentielles posées par l'Autorité bancaire européenne.

Il a insisté sur le degré élevé d'incertitude qui continue de prévaloir en raison de la crise de la dette souveraine européenne.

En dépréciant, notamment, de près des trois quarts les obligations grecques qu'elle détient, la banque a dû passer une charge de 942 millions d'euros.

Commerzbank précise d'ailleurs être exposée à hauteur de 12,3 milliards d'euros aux dettes souveraines portugaises, italiennes, irlandaises, grecques et espagnoles.

Renflouée par l'Etat allemand à hauteur de 18 milliards d'euros après l'effondrement de la banque Lehman Brothers, Commerzbank cherche désormais de l'argent frais pour renforcer ses fonds propres.

L'ACTION CHUTE

L'annonce d'une augmentation de capital, qui passera notamment par la conversion d'instruments hybrides, a déçu les investisseurs qui ont sanctionné le titre à la Bourse de Francfort. A 11h20 GMT, l'action perdait 4,64% à 1,97 euro alors que l'indice bancaire paneuropéen de STXE 600 perdait 0,37%.

L'Autorité bancaire européenne a estimé que Commerzbank devait se recapitaliser à hauteur de 5,3 milliards d'euros. La banque a expliqué jeudi que les mesures qu'elle avait entreprises, restructurations et cessions d'actifs, lui avaient permis de ramener à 1,8 milliard la somme à réunir.

Cette annonce a quant à elle réjoui les analystes, Neil Smith de WestLB, la qualifiant de "surprise positive".

Christoph Bast, analyste de DZ Bank, a relevé que Commerzbank n'aurait pas besoin de générer énormément de résultat net au premier semestre pour trouver les fonds nécessaires à sa recapitalisation car celle-ci passera surtout par une diminution des actifs risqués.

BÉNÉFICES EN BAISSE

La crise de la dette couplée à la volatilité des marchés a fortement entamé les bénéfices des banques européennes. Deutsche Bank, Crédit Suisse ou encore Crédit Agricole ont ainsi toutes les trois terminé 2011 dans le rouge tandis que Barclays a bouclé son plus mauvais trimestre en trois ans.

Pour l'exercice fiscal en cours, Commerzbank anticipe un bénéfice d'exploitation solide dans son coeur de métier qui comprend le crédit aux entreprises et à la clientèle privée, la banque d'investissement et ses filiales d'Europe de l'Est.

Cette prévision n'inclut pas toutefois la filiale de financements garantis par actifs qui a accusé en 2011 une perte de quatre milliards d'euros.

Martin Blessing a dit qu'il s'attendait à ce que la banque atteigne son objectif de réaliser un bénéfice opérationnel annuel de quatre milliards d'euros aux alentours de 2015.

Au quatrième trimestre, la banque a dégagé un bénéfice d'exploitation de 163 millions d'euros après une perte de 855 millions au troisième trimestre. Au quatrième trimestre 2010, son bénéfice d'exploitation était ressorti à 256 millions d'euros.

Le résultat enregistré d'octobre à décembre a toutefois été avantagé par une plus value exceptionnelle de 735 millions d'euros réalisée dans le cadre du rachat de dette hybride.

Le bénéfice net trimestriel est lui de 316 millions d'euros (consensus: 217 millions) contre 257 millions un an plus tôt.

Sur un an, le bénéfice d'exploitation s'est inscrit à 507 millions d'euros et le bénéfice net à 638 millions d'euros.

Une fois de plus, la banque ne versera pas de dividende à ses actionnaires car elle a enregistré une perte annuelle, suivant les règles comptables allemandes, perte essentiellement imputable à des dépréciations passées sur sa filiale de crédit immobilier Eurohypo.

Arno Schütze et Edward Taylor, Nicolas Delame pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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