« Comment vont nos enfants ? »

le , mis à jour à 07:00
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« Comment vont nos enfants ? »
« Comment vont nos enfants ? »

Devant le tribunal d'Istanbul, des enfants passent à vélo devant les terrasses ou commandent des glaces. A l'intérieur, au 7e étage du vertigineux palais de justice, d'autres, à peine plus âgés, sont entendus par le procureur. Des jeunes entre 14 et 17 ans scolarisés dans des écoles militaires, et soupçonnés d'être proches du mouvement guléniste (à l'origine, selon Ankara, du putsch raté). « Je pense qu'ils vont les laisser libres, mais ce n'est pas normal d'accuser un enfant de 14 ans de commettre un coup d'Etat », se désole ce père qui préfère garder l'anonymat et affirme ne plus vouloir envoyer son fils au service militaire. Au bout d'un couloir, des femmes aux vestes colorées, foulards fleuris ajustés, se précipitent, inquiètes, sur les avocats. « Comment vont nos enfants ? Vont-ils sortir ? » Pas aujourd'hui en tout cas... A leurs côtés, une petite délégation de journalistes et députés du principal parti d'opposition, le CHP, est venue au tribunal soutenir les journalistes arrêtés, comme Bülent Mumay, ancien éditeur du journal « Hürriyet », envoyé devant le procureur pour des tweets contre le gouvernement. Sur place, son ami Fatih Polat prend la relève sur les réseaux, en tweetant en direct sous le hashtag « #Gazeteciliksuçdegildir » (« le journalisme n'est pas un crime »). Une rédactrice du quotidien « Cumhurriyet » insiste : « Ça ne va vraiment pas en s'arrangeant. D'une part on a Erdogan, de l'autre Fethullah Gülen. Nous on veut la troisième option, c'est-à-dire la vraie démocratie », alors que la nouvelle tombe en début de soirée : Bülent Mumay pourrait être libre si la décision du parquet est validée. Petite note d'espoir pour ses proches alors que 20 autres journalistes resteront, eux, au tribunal.

Entouré des titres principaux de la presse turque, à Caglayan, quartier central d'Istanbul, un jeune kiosquier affirme que ses ventes ont baissé en une dizaine de jours : ...

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