« Comment se positionner sur des marchés émergents hétérogènes ? » (Natixis GAM)

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Natixis GAM passe en revue les opportunités et les risques actuels sur les marchés émergents.
Natixis GAM passe en revue les opportunités et les risques actuels sur les marchés émergents.

On répète régulièrement que les pays émergents, et notamment les « BRICs » (Brésil, Russie, Inde et Chine) connaissent désormais des situations économiques très différentes. Pour les investisseurs, les opportunités ne sont donc plus les mêmes qu’auparavant. Natixis GAM analyse la situation, soulignant les attraits de l’Inde et du Mexique.

« La nature des investissements sur les marchés émergents a considérablement changé depuis la grande crise financière », explique David Lafferty, Chief Market Strategist chez Natixis Global Asset Management. « Au cours des années 2000, la performance sur ces marchés était tirée par plusieurs facteurs communs dont des taux de croissance à deux chiffres ou s’en approchant, une appréciation des devises locales et une augmentation des exportations, coïncidant souvent avec la demande de matières premières ».

Les performances des émergents divergent

Cette ère est néanmoins révolue : « Aujourd’hui, ces facteurs ne dominent plus sur les marchés émergents. Les prévisions de croissance du PIB dans ces régions sont désormais plus proches de 4%-5%. La forte demande de matières premières a chuté et la plupart des devises des pays émergents subissent les pressions dues à l’anticipation d’un resserrement de la politique monétaire américaine ».

David Lafferty note des divergences de trajectoires au sein des pays émergents : « En l’absence de ces moteurs macroéconomiques, chaque pays évolue désormais en fonction de ses propres fondamentaux et non plus comme faisant partie d’une classe d’actifs homogène. On peut en conséquence prévoir des divergences dans les performances de chaque pays, causées par des différences de taux d’intérêt et d’inflation, de taux d’épargne domestique, de balance des paiements courants et de dépendance vis-à-vis des matières premières. La sélection des titres, des pays et des devises aura d’autant plus d’importance que les performances divergeront ».

Perspectives sombres : dette et inflation

« Chaque pays suivant désormais sa propre route, les perspectives globales pour le segment marchés émergents sont relativement sombres », poursuit-il. « La solidité de l’USD rappelle la crise monétaire des années 1980-1990 en ce que la dette libellée en dollar est plus difficile à rembourser. La faiblesse des devises locales crée de l’inflation (avec pour conséquence la cherté des importations), et la hausse des taux d’intérêt pour y remédier entrave la croissance ».

« Enfin, la chute des prix des matières premières, plus particulièrement celui du pétrole, peut affaiblir gravement la croissance du fait d’une baisse des exportations dans les principaux pays émergents tels que la Russie, le Brésil, le Venezuela, le Moyen-Orient et certains pays d’Afrique ».

Un choix d’investissement pour le long terme

« Malgré cet environnement, nous continuons à considérer les marchés émergents comme une classe d’actifs essentielle sur le long terme, aussi bien pour les actions que pour les obligations. Les taux de croissance cyclique ont baissé certes, mais du fait des données démographiques et de la

jeunesse de la population, la plus grande partie de la croissance séculaire dans le monde aujourd’hui réside encore dans les pays émergents ».

Que faut-il penser de la trajectoire des marchés boursiers émergents ? « Pour ce qui est des actions, les valorisations peuvent être trompeuses. Les titres des marchés émergents possèdent un ratio cours/bénéfice relativement plus élevé que les autres marchés, mais ceci est faussé par des facteurs de risques spécifiques et par le fait qu’il s’agit d’entreprises publiques. Les obligations des marchés émergents continuent d’offrir des rendements attrayants, et la qualité du crédit s’est améliorée durablement ». En somme, les opportunités resteraient présentes.

 « Le Mexique et l’Inde parmi les favoris »

« Pour ce qui est des marchés spécifiques, nous favorisons le Mexique et l’Inde », affirme David Lafferty.

« Le Mexique devient plus compétitif grâce à des réformes structurelles dans les secteurs de l’énergie et de l’éducation, et ses coûts de production s’améliorent en comparaison de la hausse du coût de la main-d’œuvre en Asie. Le Mexique bénéficie également de la reprise progressive de l’économie américaine voisine » explique-t-il.

L’Inde a quant à elle été « lente à entamer des réformes, mais le nouveau gouvernement du Premier ministre Modi prend des mesures pour éradiquer la corruption, réduire les subventions agricoles et ouvrir l’industrie à la concurrence ».

Moins attractive, la Russie est quant à elle citée comme un pays risqué pour les investisseurs étrangers, sa dépendance vis-à-vis des cours du pétrole rendant l’économie du pays potentiellement instable.

X. Bargue

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