Comment Netflix tente d'« ubériser » le sous-titrage de ses séries

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Netflix dispose de plus de 155 millions d'heures de programmes visionnées par jour.
Netflix dispose de plus de 155 millions d'heures de programmes visionnées par jour.

Pour trouver des personnes capables de sous-titrer son catalogue en une vingtaine de langues, Netflix a lancé un test de recrutement en ligne. Beaucoup y voient une stratégie « low cost » court-circuitant la profession.

A sa naissance, en 1997, Netflix proposait des locations de DVD sur Internet. Quand ce marché s'est tari, l'entreprise américaine a fait évoluer ses activités vers un secteur qu'elle domine aujourd'hui, celui du streaming de films et de séries. Puis elle a fini par produire ses propres séries, aux Etats-Unis et dans le monde.

La dernière nouveauté de son « business plan » est la traduction. Plus précisément, la création d'une interface en ligne pour recruter de traducteurs, amateurs ou non, qui assureront le sous-titrage de son catalogue, jonglant avec une vingtaine de langues, dont le japonais, le finnois ou le néerlandais. Cette interface prend la forme d'une plate-forme de test, ouverte à tous ceux qui souhaiteraient allier amour de la langue et séries.

Cette nouvelle méthode annoncée en grande pompe par Netflix a suscité la méfiance, aussi bien auprès des professionnels du sous-titrage, qui dénoncent une méthode de précarisation de leur métier, que des amateurs, qui y voient la volonté de créer une main-d'œuvre à bas coût sous l'apparence d'un projet collaboratif.

Un test accessible à tous

L'interface avec les traducteurs imaginée par Netflix s'appelle Hermes. Le test se fait en cinq étapes, sous la forme d'un QCM où l'on identifie des erreurs techniques et linguistiques et où l'on retranscrit des expressions idiomatiques. Il faut compter environ 90 minutes pour le compléter, puis environ 10 jours pour savoir si on a réussi. La seule condition pour passer le test e...

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  • mars4 il y a 7 mois

    ceux qui sont pour l'ubérisation tel Monsieur Macron et ce sous couvert de l'innovation sont les premiers à revendiquer leurs droits. Il est à souhaiter que ces promoteurs à l'ubérisation se retrouvent rapidement sur le carreau afin de comprendre leur incapacité à voir où cela nous mène. Questionnez d'abord ceux qui vivent dans ce système et après vous viendrez vous expliquer.

  • nono67 il y a 7 mois

    paupérisation qui mènera inéluctablement à une guerre mondiale

  • mars4 il y a 7 mois

    Il n'y a aucune innovation là dedans.Et si il n'y a plus que quelques personnes qui gagnent décemment leur vie l'économie dans son ensemble s'écroulera.Je préfère payer plus cher et gagner décemment ma vie que de payer presque rien et avoir des fins de mois difficile!

  • jmlhomme il y a 7 mois

    Toujours des barrages à l'innovation.....Si quelqu'un veut faire ce travail et à ce prix....de quel droit lui interdire ou le manipuler pour ne pas le faire....Demain ce seront tous les services publics publics et oui.....et cela coutera deux fois moins cher à chaque citoyen. Quel est donc le probleme ? sinon de vouloir préserver des professions.