Comment les Bourses vont-elles évoluer en 2014?

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(lerevenu.com) - Les périodes de fin d'année sont propices à la réflexion sur les différents scénarii de marchés possibles? Eric Galiègue, président de Valquant, en envisage trois, avec un fil conducteur : la croissance de l'économie réelle.

Pour nous, analystes financiers, c'est finalement la seule chose qui compte : que l'économie se développe? Cette problématique est au c?ur de la crise. Il y a trois cas de figures possibles en ce qui concerne la croissance économique : il y a en a trop, pas du tout, ou pas assez?

« Trop » de croissance, c'est le premier scénario possible. Dans ce cas de figure, les politiques monétaires mises en ?uvre depuis plusieurs années sont prise à contrepied : il faut restreindre la liquidité? Le « tapering » de la Réserve Fédérale commence dès maintenant (réunion du 18 décembre). Les taux obligataires montent encore, trop vite dans un premier temps, comme entre mai et septembre 2013. Les pays émergents continuent à souffrir, car ils sont privés de financement. Le marché des actions plie mais ne rompt pas, car les révisions de bénéfices sont positives, mais aussi parce que les pertes subies sur les obligations et sur les actions des pays émergents incitent les investisseurs à revenir vers les actions américaines et européennes. Au total, malgré une forte volatilité initiale, ce scénario est favorable aux actions européennes. Elles peuvent s'apprécier en 2014 de 15 % environ.

« Pas du tout » de croissance, c'est le scénario catastrophe, le retour de la récession. Dans ce cas de figure, c'est la faiblesse de la demande finale (consommation des ménages, investissement des entreprises), qui explique la rechute lourde de la conjoncture. Le phénomène serait catalysé par un choc financier ou géopolitique quelconque. Les banques centrales perdent leur crédibilité ; tout l'argent créé par les Quantitative Easing (rachat d'actifs par la Fed) part dans une « trappe à liquidité ». Les bénéfices des entreprises s'effondrent. La crise systémique est majeure, les pertes en capital, considérables ; c'est la déflation qui emporte toute l'économie réelle et financière. La période est très anxiogène. Seules les obligations d'Etat s'apprécient (flight to quality), dans une logique de chute des taux et de panique. Le cours des actions chute de 33 %, peut-être plus? C'est le krach.

« Pas assez » de croissance, c'est le scénario de la stagnation, de la croissance molle. C'est celui que nous croyons le plus probable pour 2014. La croissance européenne demeure très contenue, à la limite de la stagnation, la croissance américaine reste mitigée, largement inférieure à ce qu'elle devrait être, le marché du travail reste très sur-capacitaire, la déflation rode? Les pays émergents continuent à ralentir fortement, la Chine aussi, mais sous le « contrôle » du gouvernement.

Les politiques monétaires, dans ce contexte, doivent rester accommodantes : le Quantitative Easing se réduit aux Etats-Unis, continue au Japon, et pourrait commencer en Europe. Le dollar s'apprécie très progressivement. Les taux montent, inéluctablement, mais avec une grande modération. Ce scénario est le plus favorable aux actions, qui pourraient s'apprécier de 20 % en 2014. Il laisserait place en 2015 à un scénario d'accélération de la croissance, toujours favorable aux actions, malgré la hausse des taux associée, et le changement très progressif des politiques monétaires Chaque investisseur doit choisir son scénario, et en déduire ses choix d'investissement. Nous avons choisi en cette fin d'année, le scénario « Pas assez de croissance », le plus haussier pour les actions. Il faut bien sur suivre l'actualité en permanence pour décrypter les événements qui pourraient nous faire basculer dans l'un des deux autres scénarii. Nous pensons toujours que nous vivons, paradoxalement, une période très favorable à la hausse du cours des actions. Elle doit durer encore au moins une année, peut être deux.

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