Comment l'ASVEL s'est relancée ?

le
0
Comment l'ASVEL s'est relancée ?
Comment l'ASVEL s'est relancée ?

Après une saison délicate, marquée par un changement d'entraîneur il y a un an, l'ASVEL est en tête de la Pro A cet automne. L'entraîneur de la " Green Team " JD Jackson et le nouvel arrière Nicolas Lang tentent d'expliquer ce renouveau.

Novembre 2014. L’ASVEL n’a remporté que cinq matchs sur douze, toutes compétitions confondues et pointe à la 15eme place de Pro A. Pierre Vincent est écarté, et remplacé par JD Jackson un mois plus tard. Elle finira cinquième, et éliminée en quarts de finale des play-offs par Le Mans. Novembre 2015, toujours sous les ordres du coach franco-canadien, l’ASVEL est en tête du championnat, avec une seule défaite en sept matchs, et a remporté ses trois premiers matchs de FIBA Europe Cup. Mais comment la « Green Team » s’y est-elle prise pour faire peur à nouveau ? Le recrutement y est pour beaucoup, évidemment. « L'année dernière, l'équipe était talentueuse, mais peut-être moins équilibrée au départ. Les ajustements effectués en cours de saison ont permis de faire une bonne phase retour et l'esprit des joueurs demeurait très positif malgré les difficultés », rappelle JD Jackson. Restait ensuite à faire fructifier cette bonne fin de saison, avec de nouveaux joueurs recrutés cet été. Charles Kahudi, Nicolas Lang, DJ Newbill ou encore Darryl Watkins sont arrivés dans le Rhône et se sont de suite fondus dans le moule vert, bien aidés par des joueurs comme David Andersen ou Trent Meacham, déjà en place l’an passé.

Un bon recrutement et un calendrier favorable

« Nous avons fait un bon recrutement avec un groupe composé de bonnes personnes. L’alchimie s'est créée assez facilement avec les joueurs cadres qui peuvent guider les plus jeunes. Il fallait recruter judicieusement, les secteurs un peu limités ont été renforcés correctement et le caractère de chacun est vraiment impeccable. Pour l'instant nous en sommes très contents », poursuit le coach. « On a une équipe où personne ne fera les meilleures stats de sa carrière car le temps de jeu est vraiment partagé, et ça nous permet d’avoir beaucoup de fraicheur en fin de match, d’autant qu’on enchaîne deux matchs par semaine. Tout le monde s’est bien intégré, chacun met son ego de côté et pour l’instant ça se passe bien », indique de son côté Nicolas Lang, débarqué cet été en provenance du Paris-Levallois. Le calendrier plutôt favorable de l’ASVEL en ce début de saison (Antibes, Nancy, Le Havre...) a également aidé à accumuler de la confiance, si bien que l’équipe est toujours invaincue à l’extérieur, à la mi-novembre ! « On savait qu’en étant sérieux, il y avait moyen de faire une série comme ça. On n’a peut-être pas joué les équipes les plus dures mais, en Pro A, il y a des surprises tous les week-ends. On a perdu contre Cholet à domicile (57-58 le 6 octobre, ndlr), et c’est une défaite qui nous a fait beaucoup de bien, qui nous a permis d’appréhender les matchs autrement pour la suite. En gagnant d’entrée chez le vice-champion Strasbourg (77-87, ndlr), ça nous a mis direct en confiance. Mais je ne pense pas qu’on sera invaincu toute la saison à l’extérieur. Les débuts de saison, c’est bien, mais c’est sûr la durée qu’on voit les bonnes équipes », analyse le natif de Mulhouse.

Attention à l’excès de confiance

Mais qu’est-ce qui pourrait faire dérailler le train ASVEL alors ? « Des blessures, c’est toujours problématique. Mais dans une équipe comme la nôtre, même s’il y a un blessé, personne n’est irremplaçable. On a beaucoup de solutions, on peut toujours décaler Charles Kahudi en 4 ou faire rentrer Stéphane Gombauld, qui a déjà joué en Pro A et en Coupe d’Europe à 18 ans. Les blessures, ce n’est pas ce qui m’inquiète le plus, car nous sommes notre adversaire le plus coriace. Il faut rester concentré et ne pas s’enflammer », poursuit Lang. « Nous ne sommes qu'au début de la saison, et les matchs à venir sont contre les adversaires très forts. Il y aura forcément des moments plus compliqués à traverser. C'est dans ces moments qu'on peut vraiment juger une équipe. A nous de rester concentré et solidaire », abonde l’ancien coach du Mans.

L’exemple Nanterre

Après un tel début de saison, les Villeurbannais, qui reçoivent Groningen mardi en FIBA Europe Cup puis Rouen vendredi en Pro A, ont de quoi rêver d’une meilleure saison que la précédente. Cela tombe bien, les ambitions du club présidé par Tony Parker (« On sait qu’il suit les matchs de très près, même s’il a aussi une saison à faire », affirme Lang) sont très élevées. « C’est d’abord la Leaders Cup car c’est ce qui arrive en premier. Après, quand j’avais fait ma conférence de presse avec Charles Kahudi le 7 juillet, Tony Parker avait dit que l’objectif était d’être champion. Donc je ne sais pas comment on peut revoir ça à la hausse. Ça ne sert à rien de dire en novembre qu’on veut être champion, de toute façon toutes les équipes veulent être championnes », détaille l’arrière de 25 ans. « En championnat de France il y a au moins une dizaine d'équipes qui peuvent se permettre de viser les titres, estime Jackson. Nous voulons construire durablement une équipe capable de les remporter. En FIBA Cup, il y a beaucoup de bons clubs mais on a envie d'aller très loin, voire jusqu'au bout comme Nanterre (en Eurochallenge, ndlr) a fait l'année dernière. » Nanterre, l’exemple à suivre pour l’ASVEL, qui cherche à garnir son armoire à trophées, désespérément vide depuis la Semaine des As 2010. Une éternité pour le club le plus titré de Pro A (17 titres).

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant