Comment Internet a relancé la carte de voeux... en papier

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Près de la moitié des Français envisagent d'envoyer leurs voeux du nouvel an sous forme de cartes imprimées, selon un sondage TNS Sofres. Les SMS et «cybercartes» représentent toujours le gros du marché.

La carte de voeux en papier revient au goût du jour. Près de la moitié des Français (48%) envisagent en effet d'envoyer leurs voeux du nouvel an par la Poste sous forme de cartes imprimées, selon un sondage TNS Sofres* réalisé pour le site de cartes électroniques Dromadaire.com. Un signal encourageant pour ce marché qui pesait 134 millions d'euros en 2012, d'après une étude de l'institut GfK.

«Nous étions traditionnellement peu friands des cartes en papier en France ces quinze dernières années, contrairement aux Anglais, Américains ou Allemands», rappelle Rafik Smati, président fondateur de Dromadaire.com. Les Français envoient en moyenne 7 cartes imprimées par an et par personne, contre 54 au Royaume-Uni, 42 aux Pays-Bas ou encore 40 aux États-Unis. Or, selon le spécialiste, «la carte électronique, qui cartonne grâce à son côté ludique, facile et pratique, a changé les habitudes et, paradoxalement, relancé l'usage des voeux en papier».

Ces dernières années, les Français sont devenus les champions du monde de la carte virtuelle sur Internet, devant les Américains, avec plus de 13 millions d'utilisateurs de sites d'envoi d'«e-cards» l'an dernier. Des sites qui ont également investi les réseaux sociaux et les mobiles pour se mettre à la page, alors que le SMS demeure le premier mode d'envoi de voeux de fin d'année. Le nombre de textos envoyés à l'occasion de la Saint-Sylvestre a connu une nouvelle hausse l'an dernier, atteignant un nouveau record à 1,4 milliard.

Service «web to print»

«Les nouvelles technologies ont eu un effet dopant sur l'envoi de voeux, mais les Français estiment aujourd'hui à plus de 90% que la carte en papier est plus touchante et personnelle que la carte électronique», souligne Rafik Smati. Ils ne sont encore que 28%, en revanche, à la considérer comme étant «à la mode», selon le sondage TNS Sofres. Toujours est-il que, sentant le vent tourner en faveur de la carte en papier, Dromadaire.com a investi 1,5 million d'euros pour lancer un service en ligne de commande et d'envoi de cartes imprimées. Depuis 2012, il propose ainsi des centaines de modèles de cartes personnalisables, une expédition directement au destinataire en 24 heures et un prix de 2,99 euros tout compris.

D'autres sites, comme Popcarte.com, ont aussi fait le pari de ce type de service «web to print». Le numéro deux de la carte virtuelle, Cybercartes.com, a lancé l'an dernier son application pour mobile PaperCartes, qui permet de créer une carte personnalisée et de l'envoyer en version papier pour deux euros.

«Le succès de notre offre a été immédiat, avec 150.000 cartes en papier envoyées pour les fêtes en 2012», se félicite le dirigeant de Dromadaire.com. Une goutte d'eau à côté des 20 millions de cartes virtuelles envoyées via le site. «La tendance est à la stabilisation pour les e-cards, alors que nous nous attendons à multiplier par quatre nos envois de cartes en papier, donc à dépasser les 600.000 exemplaires, cette année», assure toutefois Rafik Smati. Pour pouvoir honorer les commandes enregistrées ces derniers jours, Dromadaire.com a d'ailleurs décidé d'ouvrir son unité de production de Puteaux, en région parisienne, le 1er janvier.

* Enquête effectuée les 26 et 27 novembre 2013 sur un échantillon représentatif de 512 individus de 15 ans et plus.

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