Comment faire de nos émotions des alliées

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Pendant longtemps, il s'est agi de les cacher ou de les contrôler. Aujourd'hui, il faut les accueillir, tout simplement.

Star recevant un oscar ou otage tout juste libéré nous offrent des gros plans sur l'émotion. Leurs émotions. Parce que celles-ci sont particulièrement télégéniques, et contagieuses, les médias en sont d'ailleurs très friands. Certains journalistes n'hésitent pas à en rajouter un peu, ainsi ce présentateur du journal télévisé qui demanda à une mère d'otage : «Vous avez été émue quand vous avez su que votre fils était sur le point de rentrer ?» Son insistance à faire jaillir l'évidence n'avait sans doute d'autre objet que de ramener encore un peu plus de pathos sur le plateau.

Il n'en a pas toujours été ainsi : pendant des siècles, les philosophes, les médecins ou les élites sociales se méfiaient des manifestations trop appuyées de joie ou de tristesse. Il s'agissait avant tout de cacher ces phénomènes physiologiques gênants. Encore en 1962, on trouvait dans l'Encyclopédie de la psychologie (Ed. Fernand Nathan) cette définition catastrophiste de

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