Comment bien préparer sa vie d'expatrié

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Retraite, protection sociale, placements... Tout change à l'étranger. Mieux vaut donc anticiper avant de partir.

Étudiants, jeunes diplômés, entrepreneurs, salariés, cadres, retraités… Les Français sont de plus en plus nombreux à se laisser séduire par une expérience à l'étranger. La tendance s'est accentuée ces dernières années… En un peu plus de dix ans (entre 2002 et 2014), le nombre d'expatriés a bondi de 35 %, note un rapport de la commission d'enquête parlementaire sur «l'exil des forces vives». Actuellement, environ 2,4 millions de Français vivent hors des frontières de l'Hexagone! La moitié sont installés en Europe (Suisse d'abord puis Royaume-Uni, Belgique et Allemagne). Ils sont aussi très nombreux en Amérique du Nord (13 %), les États-Unis étant leur deuxième port d'attache, en Afrique (15 %) et dans une moindre mesure en Asie (8 %) et au Proche et Moyen-Orient (8 %).

Face à cet engouement, plusieurs salons dédiés à l'expatriation ont vu le jour. «S'expatrier,mode d'emploi», organisé par les pouvoirs publics (Assurance-maladie, notaires, Direction générales des finances publiques….) et des entreprises privées (Humanis…), se tiendra d'ailleurs à Paris, vendredi (27 mars).

Qu'elle soit professionnelle ou pour sa retraite, l'expatriation doit se préparer en amont. «La retraite, l'épargne et la protection sociale sont des sujets complexes qu'il est important de bien examiner», souligne Vincent Joulia, directeur de la Banque privée à la Banque Transatlantique. Les candidats à l'exil ne seront plus affiliés à la Sécurité sociale après leur départ. «Les expatriés qui ne sont pas pris en charge par leur entreprise devront s'assurer par leurs propres moyens en plus de la protection sociale locale si elle ne suffit pas», explique Anne-Laure Chesneau, de la Caisse des Français de l'étranger (CFE), qui propose aux expatriés de continuer à cotiser au régime général français (maladie-maternité, accidents du travail), pendant le séjour à l'étranger, au retour et pendant les séjours temporaires en France. Les assurés sont remboursés sur la base des tarifs de la Sécurité sociale française. Ils peuvent, en plus, souscrire une mutuelle.

Les expatriés actifs, de loin les plus nombreux, doivent aussi anticiper leur future retraite. En quittant le pays, ils cessent en effet de cotiser au régime général. «Ils doivent comprendre les choix qui s'offrent, par exemple, entre le maintien de prestations de retraite françaises, l'adhésion aux systèmes de retraite locaux ou la constitution d'une épargne personnelle», explique Vincent Joulia.

Des conditions variables  selon le pays d'accueil

Ceux qui travaillent avec un contrat local pourront cotiser pour leurs vieux jours dans leur pays d'accueil. Mais «les conditions d'attribution de la retraite varient selon les pays», rappelle Anne-Laure Chesneau. Certains imposent notamment des conditions de résidence ou de durée minimale de cotisation (jusqu'à cinq ans dans certains pays européens) pour pouvoir prétendre à une pension. Mieux vaut donc se renseigner avant de partir (y compris pour les plus jeunes, même si l'échéance est très éloignée), afin de ne pas prendre le risque d'amputer sa retraite future. Là aussi, il est possible de continuer à cotiser au système français via la Caisse des Français de l'étranger (qui compte 220.000 assurés).

De façon générale, les expatriés, comme ceux qui restent dans l'Hexagone, doivent continuer à épargner pour leurs vieux jours. Reste à savoir où investir? En France ou dans le pays de résidence? Avant de se décider, «il faut évaluer l'attrait des solutions d'investissement locales et celles que l'on peut continuer de se voir offrir en France ou ailleurs en Europe, notamment en terme de fiscalité, de sécurité et de liquidité», conseille Vincent Joulia. L'assurance-vie, dans la mesure où le contrat d'assurance est adapté aux règles du pays de résidence, peut continuer à être abondée. Tout comme les comptes titres. «Il est important de rester prudent en terme de choix de gestionnaire et de souscription de placements proposés localement car la commercialisation de produits financiers n'est pas toujours aussi encadrée qu'en Europe et cela peut donner lieu à de mauvaises surprises», prévient Vincent Joulia.

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