Comment acheter des jouets en toute sécurité

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CONSO PRATIQUE - La Répression des fraudes a jugé non-conformes ou dangereux 16,5% des jouets qu'elle a contrôlés dans les rayons de Noël. Ces produits sont pourtant soumis à des obligations réglementaires spécifiques.

À trois semaines de Noël, la Répression des fraudes a publié un rapport qui risque d'inquiéter certains parents. Après avoir contrôlé près de 4000 établissements, dont des sites de fabrication, des sites d'importation, des commerçants, des hypermarchés, des marchés de Noël et des sites Internet, l'administration a constaté que 16,5% des jouets étaient non-conformes ou dangereux. Le Figaro fait le point sur la réglementation et vous donne quelques conseils pour acheter en toute sécurité.

• La réglementation applicable aux jouets

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) rappelle que le décret n° 2010-166 du 22 février 2010 relatif à la sécurité des jouets, qui transpose une directive européenne, encadre ce secteur en France. «Ce texte vise tous les produits qui sont conçus pour être utilisés, exclusivement ou non, à des fins de jeux par des enfants de moins de 14 ans ou qui sont destinés à cet effet», explique la DGCCRF.

• Les logos et labels à vérifier

Avant d'acheter, pensez à verifier que le jouet porte la mention «CE» qui signifie que le produit est conforme aux exigences réglementaires de sécurité. Ce marquage «doit être apposé de façon lisible, visible et indélébile sur le produit, son étiquette ou son emballage», précise la DGCCRF. «Notez cependant que ce marquage est apposé sous la responsabilité du fabricant lui-même», relève l'Institut national de la consommation (INC). «Il n'est donc fiable que si le fabricant est à la fois compétent et de bonne foi - ce qui, heureusement, reste le cas le plus fréquent.» Reste que l'UFC-Que Choisir recommande de «préférer un jouet de marque NF si c'est possible», car ce label «offre un niveau de sécurité supérieur au marquage CE, puisqu'elle impose des contrôles effectués par un laboratoire indépendant».

• Choisir un jouet adapté à l'âge de votre enfant

La réglementation impose aussi un étiquetage clair des avertissements sur les emballages de jouets, afin d'attirer l'attention des parents sur les risques liés à certains jouets. L'indication d'un âge minimum doit être respectée. «Un jouet idéal pour un enfant de 5 ans peut être dangereux si on l'offre à un enfant de 3 ans», insiste l'UFC-Que Choisir. Des avertissements doivent également figurer sur certains jeux destinés aux plus grands, comme ceux qui ne peuvent être utilisés que sous la surveillance d'un adulte (par exemple, les coffrets d'expériences chimiques ou les jouets comportant des aimants, déconseillés aux moins de 8 ans).

• Vérifier la solidité du jouet

En magasin, «n'hésitez pas à demander à pouvoir manipuler le jouet», insiste la DGCCRF. Le service administratif recommande par exemple de vérifier les accessoires et parties des jouets qui contiendraient de petits éléments pouvant se détacher et être avalés, la solidité des coutures, des yeux ou du nez d'une peluche, évitez les jouets avec des mécanismes pliants pour les tout-petits et choisir des jouets dont les piles sont difficilement accessibles.

• Fuir les jouets sans marque et les revendeurs «à la sauvette»

«Les grandes marques ne sont pas irréprochables - les rappels massifs chez Mattel en 2007 et Fisher Price en 2010 le prouvent - mais elles tiennent à leur image. Les risques de non-conformité sont beaucoup plus importants quand on achète un jouet sans marque», souligne l'UFC-Que Choisir. Pour sa part, la DGCCRF recommande d'«écarter les jouets dont la notice n'est pas traduite en français» et de «ne pas acheter à des revendeurs à la sauvette». En clair, de privilégier les «circuits commerciaux classiques».

• Attention aux vieux jouets!

«Les vieux jouets achetés d'occasion ou provenant des malles du grenier peuvent ne pas être conformes aux exigences actuelles de sécurité», prévient l'INC. La peinture utilisée sur ces jouets peut, par exemple, contenir du plomb. Ou s'ils contiennent des piles trop vieilles, celles-ci peuvent provoquer des accidents. L'UFC-Que Choisir, en rappelant qu'elle n'est pas pour le «tout jetable», se dit pourtant «intraitable» sur la question des vieux jouets. «Tout jouet abîmé ou cassé présente des risques pour la sécurité de l'enfant. Il ne se répare pas, il ne se donne pas, la poubelle est sa seule destination possible.»

• Que faire si un jouet s'avère dangereux?

En cas de problème avec un jouet que vous avez acheté, il faut le signaler rapidement à l'antenne de la DGCCRF dans votre département, ainsi qu'à la Commission de sécurité des consommateurs. Plus globalement, l'Alliance européenne pour la sécurité de l'enfant a dressé une liste de 26 produits qui peuvent présenter des risques pour les enfants, dont certains jouets ou jeux comme le trotteur, le hochet ou le trampoline. Lorqu'elle est saisie, la DGCCRF effectue un contrôle. Elle rappelle toutefois que «toute l'année, des contrôles visuels sont effectués dans le secteur des jouets et des échantillons sont prélevés, tant au stade de la fabrication que de l'importation ou de la distribution».

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