Combien garder sur son fonds en euros ?

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Les pistes pour les épargnants qui veulent doper les rendements de leur contrat d'assurance-vie.


Quelle part d'épargne conserver sur un fonds en euros? C'est ce que se demandent aujourd'hui nombre d'assurés, qui, dépités par une rémunération de leur contrat passée sous la barre des 3 % après prélèvements sociaux, cherchent de nouvelles solutions pour doper leurs placements.

«Dans le contexte actuel, une diversification de l'épargne investie sur un contrat d'assurance-vie a du sens», confirme Cyrille Chartier Kastler, fondateur de la société de conseils Facts & Figures. La question est alors de savoir dans quelle proportion on peut lâcher du lest. «Tout dépend de l'objectif patrimonial et du rendement recherchés par chacun», estime Hervé Tisserand, directeur général d'Altaprofits, spécialiste de la vente d'assurance-vie en ligne. L'aversion au risque du souscripteur est déterminante. Lorsqu'on souscrit un contrat en euros, le rendement acquis une année l'est définitivement (effet cliquet). Et l'assureur doit pouvoir rembourser le capital de l'assuré à tout moment.

Ce n'est pas le cas avec les unités de compte, qui fluctuent à la hausse comme à la baisse selon l'orientation des marchés financiers et peuvent effacer en quelques mois le gain de plusieurs années! De ce fait, «si l'épargnant veut un placement "supergaranti" à cinq ans, nous lui conseillons d'investir 15 % de son contrat en unités de compte plus dynamiques, avance Benoit Gommard, directeur général de Cortal Consors France. S'ils rapportent 3 % par an, les 85 % placés sur le fonds en euros assureront au bout de cinq ans 100 % du capital initial».

Les bons calculs

La part de l'épargne à conserver sur le fonds en euros est aussi fonction de l'horizon de placement. L'assurance-vie se conçoit théoriquement sur le moyen-long terme. Mais dans les faits, les contrats sont souvent mis à contribution pour des besoins de trésorerie. Près de la moitié des 116 milliards de retraits effectués l'an passé l'ont été dans un objectif de consommation immédiate. Mieux vaut dans ce cas garder l'essentiel de son épargne (90 %) sous la forme d'un support en euros, d'où «il est toujours possible de sortir sans perdre d'argent, alors qu'il faut parfois attendre un an, voire plus, avant de retrouver l'épargne investie sur une unité de compte», ­rappelle Cyrille Chartier Kastler.

À l'inverse, si l'on a la certitude de pouvoir immobiliser cette épargne durant cinq ans à huit ans, le pourcentage d'unités de compte peut représenter de 50 % à 75 % du contrat. «En investissant 75 % de sa mise dans un fonds en euros qui rapporte 3 % par an, 87 % du capital initial sera garanti au bout de cinq ans. Et si, sur cette même période, les 25 % placés en actions ne baissent pas de plus de 50 %, alors c'est la totalité du capital qui sera préservée», calcule Benoit Gommard.

Déterminer la fraction d'épargne que l'on est prêt à miser sur les marchés financiers est une chose, mais trouver le bon support de diversification n'est pas moins essentiel! «Aujourd'hui, le potentiel des actions européennes nous semble important, de même que celui des obligations gouvernementales des économies émergentes», indique Benoit Gommard. Hervé Tisserand privilégie, lui, «les fonds patrimoniaux flexibles, les supports obligataires à échéance de trois à huit ans et ceux investis dans l'immobilier de rendement».

Mais, comme le rappelle Cyrille Chartier Kastler, quel que soit son choix, l'épargnant a toujours ­intérêt «à effectuer ses arbitrages en début plutôt qu'en fin d'année, s'il veut éviter que les sommes ­investies sur le fonds en euros soient rémunérées sur la seule base du taux minimum garanti pour l'année appliqué prorata temporis». Soit à peine 1,5 % dans nombre de cas en 2012...

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