Combats dans le centre d'Alep et le sud de Damas

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LES COMBATS SE POURSUIVENT DANS LE CENTRE D'ALEP ET LE SUD DE DAMAS
LES COMBATS SE POURSUIVENT DANS LE CENTRE D'ALEP ET LE SUD DE DAMAS

par Hadeel Al Shalchi

ALEP, Syrie (Reuters) - Des combats ont opposé vendredi les insurgés syriens aux forces loyales à Bachar al Assad dans le quartier de Salaheddine à Alep, où l'offensive des forces gouvernementales serait imminente selon le sous-secrétaire de l'Onu aux opérations de maintien de la paix Hervé Ladsous.

L'armée a également pris d'assaut le dernier fief rebelle dans Damas, le quartier de Tamadon dans le sud de la capitale, selon des témoins et militants qui parlent de douze insurgés exécutés sur place.

Au total, plus de 110 personnes ont péri dans une série d'attaques à travers la Syrie jeudi soir et vendredi, d'après un décompte des opposants au président Bachar al Assad.

"Aujourd'hui, de violents combats ont lieu à Salaheddine et vingt civils ont été tués. Le quartier est bombardé par l'artillerie et les hélicoptères", a déclaré un militant joint par Reuters via Skype. Les rebelles disent avoir perdu une cinquantaine d'hommes entre mardi et jeudi dans ce secteur.

Après une série d'attaques sur la capitale dans la semaine du 16 juillet, marquées par l'attentat qui a coûté la vie à quatre hauts responsables de la sécurité du régime, les rebelles ont attaqué à Alep, entraînant un redéploiement des forces gouvernementales vers la grande ville du Nord, forte de 2,5 millions d'habitants.

Les réseaux téléphoniques et internet sont coupés depuis mercredi, gênant les efforts de coordination des opposants, qui s'appuient sur des messagers pour transmettre leurs instructions.

BATAILLE IMMINENTE

"Il y a deux semaines, l'attention était focalisée sur Damas. Aujourd'hui, c'est sur Alep, où les moyens militaires ont été considérablement renforcés, et où nous avons des raisons de croire en l'imminence d'une grande bataille", a déclaré Hervé Ladsous jeudi soir au siège de l'Onu à New York.

Le diplomate français a également confirmé que l'opposition était en possession d'armes lourdes, sans toutefois être en mesure de savoir si les rebelles les employaient contre l'armée régulière.

Hors d'Alep et Damas, les militants de l'opposition ont déclaré que les forces syriennes avaient tué une cinquantaine de personnes durant des affrontements jeudi à Hama (centre) et qu'un raid d'hélicoptères gouvernementaux avait tué 16 rebelles à Deraa, dans le sud, où le soulèvement anti-Assad s'est déclaré à la mi-mars 2011.

Depuis cette date, les violences ont fait au moins 18.000 morts dont près de 12.000 civils selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), un réseau d'opposants.

Près de Damas, trois salves de mortier tirées par les troupes gouvernementales sur le camp palestinien de Yarmouk, qui abrite 100.000 réfugiés au sud de la capitale, ont fait au moins 20 morts jeudi selon des sources médicales.

Selon les agences de presse russes, la Russie a décidé d'envoyer trois grands navires de débarquement, avec à leur bord des fusiliers marins, à destination de sa base navale de Tartous, sur la Méditerranée, 200 km au nord de Damas, une information démentie par le ministère russe de la Défense.

Moscou avait fait savoir en juin qu'elle était prête à envoyer des soldats en Syrie afin de protéger son personnel et de rapatrier l'équipement de sa base navale.

La Syrie et la Russie ont par ailleurs annoncé la conclusion d'un accord pétrolier. Damas a convenu d'exporter sa production de brut à la Russie en échange de livraisons d'essence et de gazole, a dit le vice-Premier ministre syrien chargé des affaires économiques, Kadri Djamil, en visite à Moscou.

VOTE À L'ONU

Face à la violence, la communauté internationale reste profondément divisée sur les moyens de sortir de la crise, ce qu'a souligné l'émissaire international sur la Syrie Kofi Annan en annonçant jeudi soir qu'il ne prolongerait pas son mandat, qui expire fin août.

L'ancien secrétaire général de l'Onu, nommé émissaire en février, a constaté l'échec de son plan en six points, qui visait à mettre un terme aux violences et à préparer une transition politique.

"La militarisation croissante sur le terrain et le manque évident d'unité au Conseil de sécurité ont fondamentalement modifié les circonstances de l'exercice effectif de ma mission", a déclaré Kofi Annan.

Son départ a été déploré par la Russie et la Chine, qui ont opposé trois fois leurs veto à des résolutions condamnant la répression de l'opposition par le régime syrien, ainsi que l'Iran, autre allié de Damas.

Dans une tribune publiée sur le site internet du Financial Times, le diplomate ghanéen exhorte ces trois pays à mener des "efforts concertés pour persuader la direction syrienne de changer de direction et d'accepter une transition politique".

"Il est clair que le président Bachar al Assad doit quitter son poste", ajoute-t-il.

L'Assemblée générale des Nations unies doit se prononcer ce vendredi sur une résolution non contraignante d'inspiration saoudienne visant à condamner l'absence d'initiatives internationales contre Damas, avec la volonté de marquer l'isolement de Moscou et Pékin sur le dossier.

Avec Dominic Evans et Mariam Karouny à Beyrouth, Gabriela Baczynska à Moscou, Tom Miles à Genève, Khaled Yacoub Oweis à Amman; Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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