Colombie: les Farc pour un candidat unique des pro-paix à la présidentielle de 2018

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Le chef de la guérilla des Farc, Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre "Timoleon Jimenez" ou "Timochenko", lors de sa première conférence de presse avec les médias internationaux à Bogota le 25 novembre 2016 ( AFP / Juan Jose Horta )
Le chef de la guérilla des Farc, Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre "Timoleon Jimenez" ou "Timochenko", lors de sa première conférence de presse avec les médias internationaux à Bogota le 25 novembre 2016 ( AFP / Juan Jose Horta )

Le chef de la guérilla des Farc, Rodrigo Londoño, a proposé vendredi qu'un candidat représente tous les partisans de la paix à la présidentielle de 2018 en Colombie, au lendemain de la signature d'un accord de fin du conflit armé.

"Nous lançons un appel à organiser une candidature qui regroupe toutes les aspirations de ceux qui veulent la paix, et qui assure la continuité de cet accord", a déclaré Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre "Timoleon Jimenez" ou "Timochenko", lors de sa première conférence de presse avec les médias internationaux à Bogota.

Sans avancer de nom, le chef de la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) a estimé que ce candidat pour le scrutin de mai 2018 devrait être une personne qui "ne suscite pas de résistance ni au sein d'une partie, ni au sein de l'autre", en référence au gouvernement actuel et à la guérilla.

"Les secteurs qui s'opposent à la paix sont déjà en campagne électorale", a-t-il averti en ajoutant: "Pourquoi nous, qui voulons la paix, ne commençons-nous pas à parler dès maintenant?"

"Timochenko" a estimé que la signature la veille de l'accord de fin de conflit avait "un goût de victoire" après le rejet de la première version du pacte lors d'un référendum le 2 octobre, texte qui avait été renégocié pour intégrer certaines propositions de l'opposition.

"Nous avons assoupli des positions, mais pas de principe. Le plus gros, la structure fondamentale de l'accord a été maintenue", a-t-il affirmé.

Lors de son discours jeudi pendant la cérémonie de signature, "Timochenko" a proposé de former un gouvernement de transition qui assure la mise en application de l'accord, issu de près de quatre ans de pourparlers de paix pour mettre fin à 52 ans de confrontation armée.

"Il s'agit de commencer à le chercher (...) afin de garantir que la paix aille de l'avant", a estimé vendredi le chef des Farc, entrées en rébellion en 1964 à l'issue d'une insurrection paysanne.

Il a rappelé les morts récentes de plusieurs leaders communautaires et de deux guérilleros des Farc lors de combats présumés avec l'armée en dépit du cessez-le-feu bilatéral en vigueur depuis fin août.

"Beaucoup d'entre nous vont peut-être y rester. L'important est de générer une impulsion telle qu'elle ne puisse être arrêtée et que nous imposions une issue politique" au conflit, a déclaré "Timochenko", en disant espérer "que nous n'ayons pas à dire, à la fin, que la paix en Colombie nous a coûté des morts en plus".

Après sa signature, l'accord de paix doit être ratifié par le Parlement, où le gouvernement détient la majorité, et qui en débattra à partir de mardi avant de légiférer sur sa mise en application.

La Colombie vit depuis plus d'un demi-siècle une complexe guerre fratricide qui, au fil des décennies, a impliqué une trentaine de guérillas de gauche, des milices paramilitaires d'extrême droite et l'armée, faisant à ce jour plus de 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

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