Colombie/Farc-Reprise des négociations, trêve jusqu'au 31/10

le
0
 (Actualisé avec prolongation limitée du cessez-le-feu §7-10) 
    LA HAVANE/BOGOTA, 5 octobre (Reuters) - Les négociateurs du 
gouvernement colombien et ceux des rebelles marxistes des Farc 
se sont retrouvés mardi à La Havane après le rejet dimanche par 
référendum de l'accord de paix péniblement négocié pendant 
quatre années. 
    Appelés à se prononcer sur ce texte, les Colombiens ont 
rejeté à une courte majorité un compromis qu'ils considéraient 
comme trop clément pour les guérilleros en lutte contre le 
pouvoir central depuis plus d'un demi-siècle, une rébellion qui 
a fait près de 250.000 morts. 
    Le gouvernement colombien a annoncé que les négociateurs 
Humberto de la Calle et Sergio Jaramillo étaient de retour à La 
Havane pour reprendre les discussions avec leurs homologues 
rebelles des Farc et savoir quelles étaient les intentions de 
ces derniers. 
    La capitale cubaine est le lieux des pourparlers entre les 
deux camps depuis 2012. 
    Le processus de sauvetage de l'accord de paix risque d'être 
long et complexe et la ministre colombienne des Affaires 
étrangères Maria Angela Holguin a déclaré que la décision de 
rouvrir les discussions incombait aux rebelles. 
    Tous les Colombiens, y compris ceux qui ont voté contre 
l'accord de paix lors du référendum, sont favorables à un arrêt 
des hostilités. Pour l'instant, la trêve est respectée par les 
deux parties. 
    Dans la soirée de mardi, le président colombien, Juan Manuel 
Santos, a annoncé que le cessez-le-feu mis en place en août 
serait prolongé jusqu'à la fin du mois pour permettre un accord. 
L'accord de cessez-le-feu signé en août a été rendu nul par le 
résultat du référendum.  
    "J'espère que nous pourrons avancer dans l'accord et dans le 
dialogue en vue de renforcer les corrections et les compromis 
qui nous permettront de progresser vers une solution à ce 
conflit", a dit Juan Manuel Santos dans un communiqué. 
    Sa déclaration a suscité l'inquiétude dans les rangs des 
Farc, qui s'interrogent sur l'après 31 octobre. 
    "A partir de là, est-ce que la guerre continue ?", a dit sur 
Twitter le chef des Farc, Timochenko. Le commandant rebelle 
Pastor Alape a conseillé aux combattants Farc de se retrancher 
dans des positions sûres pour éviter toute provocation. 
    Les opposants à l'accord de paix, dont l'ancien président 
Alvaro Uribe, rejettent deux points : l'octroi de sièges pour 
des représentants des Farc au congrès et l'immunité pour les 
chefs de la rébellion. 
    Tout l'enjeu de cette renégociation est de savoir si les 
rebelles sont prêts à accepter des conditions moins favorables, 
en échange d'un assouplissement des exigences d'Uribe. 
    Ce dernier, qui a refusé pendant des années de rencontrer 
les négociateurs rebelles, s'est dit prêt maintenant à 
contribuer à une solution commune. 
    Trois représentants d'Uribe, leader du Centre démocratique 
(droite), doivent examiner certains détails avec trois 
représentants du gouvernement. Une rencontre est prévue au 
retour de Humberto de la Calle de son déplacement à Cuba. 
    La victoire du "non" lors du référendum a résonné comme un 
cuisant échec pour le président Juan Manuel Santos qui doit 
rencontrer Alvaro Uribe mercredi matin, ont annoncé les services 
de la présidence. 
     
      
     
 
 (Marc Frank et Helen Murphy; Pierre Sérisier et Julie Carriat 
pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant