Collectionneurs: parfois le rêve est au rendez-vous

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Propriétaire d'objets d'art, de tableaux ou de meubles anciens, vous serez un jour ou l'autre amené à faire expertiser votre collection, afin de l'assurer ou de la vendre. Une démarche qui réserve parfois de bonnes surprises.

Nécessité de liquider une succession, volonté de se défaire d'une collection arrivée à son terme, désir de tourner une page, de changer de décor… La vie est riche en changements de cap qui peuvent vous pousser à mettre aux enchères tout ou partie de vos meubles et objets d'art. Première étape: faire procéder à l'estimation de vos biens. Pour ce faire, le plus simple consiste à vous adresser directement à une maison de ventes. Un avis oral vous sera généralement donné gracieusement, à partir d'une photo ou sur présentation de l'objet.

Si vous souhaitez faire évaluer un ensemble plus important, voire l'intégralité de votre mobilier, le commissaire-priseur se déplacera à votre domicile pour effectuer cet inventaire. Qui sait, peut-être aurez-vous alors de bonnes surprises. En effet, parmi les objets mal aimés, devenus invisibles à force de fréquentation quotidienne, se cachent parfois des merveilles. Tous les commissaires-priseurs se plaisent à évoquer leur lot de belles histoires illustrant ce thème. En voici un exemple récent. En mai dernier était proposé aux enchères, chez Ivoire Troyes, un Canard aux nénuphars, de François-Xavier Lalanne (1927-2008). Estimé 5000-8000 €, ce surtout de table en biscuit de porcelaine et métal patiné a trouvé preneur pour 91.200 € (avec les frais). «Le vendeur ignorait l'histoire et la valeur de cet objet, qui lui venait d'une succession, raconte Me Léonard Pomez. A l'examen, mon attention a été immédiatement attirée par la marque de la Manufacture de Sèvres, ainsi que par le monogramme FXL. Ce qui nous a permis d'identifier cette sculpture de Lalanne, datant de 1978. Seuls 24 exemplaires de ce canard ont été réalisés, et l'un d'eux se trouve au palais de l'Elysée…»

La valeur d'un objet d'art ou d'un meuble est susceptible de fluctuer grandement

Une fois l'identification menée à bien, reste à donner au vendeur une indication de prix. L'exercice est délicat. Car la valeur d'un objet d'art ou d'un meuble est susceptible de fluctuer grandement, selon l'évolution des goûts, et selon le moment et les modalités de la vente, plus ou moins médiatisée. «De plus, une évaluation se doit d'être à la fois rassurante pour le vendeur, mais aussi attractive pour les acheteurs potentiels», souligne Me Thierry Pomez. En pratique, les évaluations, empreintes de prudence, se situent en deçà des montants espérés. D'où les 5000-8000 € annoncés pour cette œuvre de François-Xavier Lalanne qui présentait, il est vrai, quelques restaurations.

Les objets venus d'Asie peuvent également susciter des enchères soutenues. En raison de la forte demande des acheteurs asiatiques, qui recherchent activement leur patrimoine, leur cote ne cesse de monter depuis une dizaine d'années. C'est ainsi qu'une petite sculpture en zitan et ivoire d'époque Qianlong (1736-1795) a été disputée jusqu'à 392.400 €, en mai 2015, chez Artcurial. Resté dans les mains de la même famille depuis les années 1920, ce groupe représentant un lion bouddhique et un lionceau avait été estimé 20.000-30.000 €.

Si vous souhaitez une estimation destinée aux assurances, une évaluation orale n'est pas suffisante. Vous devez demander un certificat écrit, rédigé au dos d'une photographie de l'objet, en vous adressant soit à un commissaire-priseur, soit à un expert. Ce certificat, qui est payant, mentionnera la valeur de remplacement de l'objet, plus élevée de 30 à 50 % que la valeur de réalisation, retenue dans l'éventualité d'une vente aux enchères. Une différence liée à la difficulté de retrouver un objet identique à celui qui aurait été endommagé ou volé.

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