Coeuré veut un soutien plus fort au marché de la dette sécurisée

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BENOÎT COEURÉ PLAIDE POUR UN SOUTIEN PUBLIC PLUS FORT AU MARCHÉ DE LA DETTE SÉCURISÉE
BENOÎT COEURÉ PLAIDE POUR UN SOUTIEN PUBLIC PLUS FORT AU MARCHÉ DE LA DETTE SÉCURISÉE

FRANCFORT (Reuters) - Les gouvernements européens doivent apporter un soutien plus important au marché de la dette sécurisée en apportant des garanties et en lui permettant ainsi de devenir une source alternative de financements bancaires, estime Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne.

"L'Europe est confrontée à un choix tout à fait fondamental si elle veut évoluer vers un marché ABS (asset-backed securities, produits financiers adossés à des actifs) aussi profond et liquide qu'aux Etats-Unis", a-t-il déclaré au magazine Risk, selon des extraits publiés mercredi.

"Pour atteindre cet objectif, le marché de la dette sécurisée nécessitera un degré de soutien public considérablement supérieur à ce qui est actuellement le cas."

Des ABS s'appuyant sur des crédits hypothécaires de faible qualité - les subprimes - sont devenus invendables aux Etats-Unis en 2007, déclenchant une réaction en chaîne à l'origine de la crise financière.

Depuis lors, le marché peine à se redresser, notamment en Europe, dont les entreprises se retrouvent ainsi à dépendre presque uniquement de financements bancaires au moment même où les banques sont plus préoccupées d'améliorer leurs ratios de fonds propres que d'accorder des crédits.

La BCE et la Banque d'Angleterre s'efforcent de relancer le marché en améliorant la qualité des actifs et des garanties.

La BCE, en particulier, souhaite en améliorer l'accès pour les petites et moyennes entreprises qui forment la colonne vertébrale de l'économie de la zone euro.

Lors de la réunion des banquiers centraux à Jackson Hole vendredi, le président de la BCE Mario Draghi a assuré que les préparatifs de la banque centrale pour des achats directs sur les marchés ABS "avançaient rapidement", ce qui devrait contribuer à de meilleures conditions de crédit.

Pour Benoît Coeuré, une implication plus forte des gouvernements, par le biais de garanties délivrées par la Banque européenne d'investissement ou la banque publique allemande KfW, permettrait de donner de la profondeur à ce marché complètement tari depuis la crise financière.

"A l'évidence, ce n'est pas une décision qui est du ressort de la BCE car ce n'est pas notre argent et, au bout du compte, cela revient à transférer du risque vers des bilans publics. Ce doit donc être une décision politique", a-t-il dit.

"Cela pourra avoir des effets bénéfiques pour l'économie mais il faudra l'expliquer aux parlementaires et aux contribuables."

(Eva Taylor et Paul Carrel, Véronique Tison pour le service français)

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