Coeuré (BCE) répond aux critiques de l'Allemagne

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    FRANCFORT, 1er mai (Reuters) - L'Allemagne aurait beaucoup à 
perdre si la Banque centrale européenne renonçait à son objectif 
d'inflation et les taux d'intérêt bas présentent aussi des 
avantages, pas seulement des inconvénients, a déclaré Benoît 
Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne, 
en réponse aux nombreuses critiques dont la BCE fait l'objet en 
Allemagne. 
    Sans la politique monétaire ultra-accommodante de la BCE, 
l'activité économique stagnerait, le chômage serait plus élevé 
et les finances publiques seraient plus difficiles à équilibrer, 
affirme-t-il dans une tribune publiée dimanche par le journal 
Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung. 
    Les critiques se sont multipliées ces dernières semaines en 
Allemagne contre les mesures prises par la BCE pour tenter de 
relancer l'inflation et l'activité économique en zone euro, les 
taux particulièrement bas qu'elle génère ayant un impact sur les 
revenus de l'épargne des ménages et fragilisant les caisses 
d'épargne. 
    "Grâce à l'amélioration des conditions économiques, 
stimulées notamment par la politique monétaire, le revenu réel 
et l'emploi ont progressé en Allemagne ces dernières années", 
fait valoir Benoît Coeuré. "Autrement dit, nous avons besoin de 
taux d'intérêt bas pour assurer une normalisation des conditions 
économiques, y compris pour de meilleurs rendements de l'épargne 
à l'avenir". 
    Dans un entretien à Reuters le mois dernier, le ministre 
allemand des Finances Wolfgang Schäuble a affirmé que la 
politique de taux bas créait des "problèmes exceptionnels" aux 
banques et aux retraités allemands et contribué à la montée du 
parti d'extrême-droite AfD.   
    Pour Benoît Coeuré, la BCE a été "très souple" dans 
l'interprétation de son objectif d'inflation mais l'abandonner 
purement et simplement créerait de l'instabilité et augmenterait 
le risque de déflation. 
    "Renoncer discrètement à l'objectif d'inflation qui résulte 
d'un commun accord et qui a bien utile à la BCE ces 13 dernières 
années n'est pas une option", dit-il, tout en reconnaissant que 
l'inflation dans la zone euro ne remontera que "très 
graduellement." 
 
 (Balazs Koranyi, Véronique Tison pour le service français) 
 
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