Coca ne convainc pas sur l'expropriation des terres-experts

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* Coca doit davantage contrôler ses fournisseurs-experts * Le groupe américain renouvelle son engagement de tolérance zéro * Des critiques au Guatemala et au Cambodge WASHINGTON, 25 mars (Thomson Reuters Foundation) - Coca-Cola KO.N a pris une bonne initiative en interdisant toute expropriation de terres le long de sa chaîne d'approvisionnement, mais le groupe de boissons gazeuses devra travailler davantage pour prouver que ses embouteilleurs et ses fournisseurs de sucre ne violent pas les droits fonciers, ont dit des experts en développement à la marque américaine. Le géant américain a déclaré il y a deux ans que l'accaparement des terres était inacceptable et que, en tant qu'important acheteur de sucre, il s'engageait à protéger les droits fonciers des communautés locales, en procédant notamment à une évaluation de ses principaux fournisseurs de sucre de canne dans 16 pays d'ici 2020. Dans le premier de ces rapports publiés au début du mois, Coca-Cola a dit n'avoir pas trouvé de preuves de violations des droits fonciers de la part des cinq moulins à sucre au Guatemala où le groupe s'approvisionne. Ces conclusions ont toutefois soulevé des questions à l'occasion d'une conférence de la Banque mondiale sur les terres et la pauvreté, étant donné la longue et souvent violente histoire des conflits fonciers et des abus des droits de l'homme enregistrés au Guatemala. Karol Boudreaux, experte en foncier au cabinet de conseil Cloudburst Group, juge le rapport trop superficiel car il s'appuie sur les propos des opérateurs des usines sucrières, sans chercher à se pencher en profondeur sur leurs méthodes d'acquisition de terrains. "Comment les propriétaires ont-ils acquis les titres fonciers? Quelles communautés ont été consultées? Ont-elles été indemnisées pour leurs terres? Le titre des femmes a-t-il été pris en compte?", s'est demandée mardi Karol Boudreaux lors de la conférence de la Banque mondiale. "Je n'ai aucune réponse à ces question si je me base sur les données fournies par Coca-Cola", a-t-elle dit à Ed Potter, le directeur des droits professionnels de la compagnie américaine, qui a accepté de prendre en compte ces remarques afin d'améliorer le processus d'examen de l'entreprise. Au Cambodge, Coca-Cola a été critiqué pour avoir bénéficié des vols massifs de terres, orchestrés par des responsables gouvernementaux pour le compte d'entreprises agricoles, y compris l'un des principaux fournisseurs de sucre de l'entreprise, a déclaré David Pred du groupe de défense des droits de l'homme IDI (Inclusive développement international). Des milliers de Cambodgiens ont été déplacés violemment par la police et les militaires, qui ont volé leurs récoltes, brûlé leurs maisons et rasé au bulldozer leurs terres au profit des entreprises sucrières, a ajouté le directeur général de cette organisation basée en Californie. "Ce dont nous parlons ici est un vol massif," a-t-il souligné, ajoutant que Coca-Cola n'avait pas procédé à une évaluation sérieuse de son fournisseur. Ed Potter a reconnu que beaucoup de travail restait à faire pour parvenir à l'objectif de tolérance zéro sur l'expropriation de terres adopté en 2013. Mais l'entreprise est déterminée à "faire de son mieux", a-t-il dit. (Stella Dawson; Claude Chendjou pour le service français, édité par Benoit Van Overstraeten)


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