CMA CGM revient dans le vert en 2012 et renégocie sa dette

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par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - L'armateur marseillais CMA CGM, qui a confirmé mardi avoir renoué avec les bénéfices en 2012, a indiqué avoir finalisé un accord pour restructurer sa dette après de longs mois de tractations avec ses créanciers.

Le numéro trois mondial du commerce maritime par conteneurs a expliqué avoir renégocié avec ses banques la nature de ses 'covenants' bancaires (clauses de rentabilité et de solvabilité)et avoir obtenu un allongement de la maturité de certaines créances.

"On a cherché à avoir des ratios assez stables dans une industrie instable par elle-même", a souligné Michel Sirat, le directeur financier de CMA CGM lors d'une conférence téléphonique.

"On a défini avec nos banques des ratios assis sur notre situation nette, notre 'gearing' (ratio de dette sur fonds propres, ndlr) et pas des ratios assis sur l'Ebitda (résultat brut d'exploitation) rapporté à la dette comme c'est plus traditionnellement le cas", a-t-il ajouté.

A fin 2012, l'endettement net du groupe s'élevait à 4,6 milliards de dollars contre 5 milliards de dollars un an plus tôt.

Et la société espère encore abaisser sa dette nette cette année pour la ramener à 3,5 milliards à fin 2013, a aussi fait savoir Michel Sirat.

Elle est aussi parvenue à améliorer sa solvabilité financière grâce à l'injection de 250 millions de dollars d'argent frais par le Fonds stratégique d'investissement (FSI) et par le groupe turc Yildirim, déjà actionnaire de CMA CGM.

"RECORD" DE VOLATILITÉ SUR LE FRET EN 2012

Au cours de l'exercice 2012, CMA CGM a profité d'une hausse des volumes transportés et d'une maîtrise de ses charges, et en particulier de sa consommation de pétrole, pour faire revenir ses comptes dans le vert, avec un bénéfice net de 361 millions de dollars.

Son résultat brut d'exploitation (Ebitda) a quant à lui grimpé de 82% à la faveur d'une hausse de ses taux de remplissage.

Dans un contexte difficile pour le transport maritime, affecté par les surcapacités et la flambée des cours du pétrole, l'année 2011 s'était soldée pour CMA CGM par une perte de 30 millions de dollars.

Pour l'année en cours, en dépit d'une conjoncture économique difficile en Europe, l'armateur espère une stabilisation des taux de fret après une extrême volatilité en 2012.

"Nos hypothèses pour 2013 sont une plus grande stabilité. 2012 a été une année record en termes de volatilité des taux de fret", a souligné Michel Sirat.

"2013 restera une année relativement fragile", a encore dit le directeur financier de CMA CGM. "Le premier trimestre commence raisonnablement bien."

Le mois dernier, le groupe danois Maersk avait indiqué s'attendre à une reprise du commerce maritime mondial cette année.

CMA CGM prévoit toutefois de dégager une profitabilité similaire à celle de l'exercice 2012, au cours duquel la société a affiché une marge opérationnelle de 6,3%.

Ses activités aux Etats-Unis, en Russie et dans les pays émergents devraient lui permettre de compenser la crise en Europe.

Edité par Jean-Michel Bélot

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