Clinton se lance vers 2016 en "championne" des classes moyennes

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* L'ex-secrétaire d'Etat candidate pour la deuxième fois * Elle se veut la "championne" des Américains "ordinaires" * Elle se concentrera sur les thème des inégalités * Obama estime qu'elle ferait une "excellente présidente" (actualisé après annonce officielle) par Jonathan Allen et John Whitesides WASHINGTON, 12 avril (Reuters) - Hillary Clinton a annoncé dimanche qu'elle briguait, pour la deuxième fois après 2008, l'investiture du Parti démocrate pour l'élection présidentielle américaine de novembre 2016, dans un message vidéo adressé aux Américains. L'ancienne secrétaire d'Etat, qui a 67 ans, a dit vouloir prendre la défense de l'Américain moyen et insisté sur le thème des inégalités sociales en déclarant que "le jeu est toujours faussé" en faveur de ceux qui sont en haut de l'échelle sociale. "Les Américains ordinaires ont besoin d'une championne. Je veux être cette championne", a-t-elle dit dans ce message diffusé sur son site hillaryclinton.com. "Les Américains ont réussi à se relever après de sévères difficultés économiques, mais le jeu est toujours faussé en faveur de ceux qui sont au sommet", ajoute-t-elle. Hillary Clinton, battue lors de la course à l'investiture démocrate de 2008 par Barack Obama, alors qu'elle partait grande favorite, devrait rapidement se rendre dans l'Iowa, l'Etat qui donne traditionnellement le coup d'envoi des primaires au tout début de l'année de la présidentielle. Quelques minutes avant la diffusion du message vidéo de l'ex-sénatrice, l'un de ses principaux conseillers, John Podesta, a éventé ce qui s'apparentait depuis plusieurs jours à un secret de Polichinelle. "C'est officiel: Hillary est candidate à la présidence", a écrit John Podesta dans un email adressé aux donateurs et partisans de l'ancienne First Lady. "Elle va partir dans l'Iowa pour commencer à parler directement avec les électeurs." Un événement sera organisé le mois prochain pour donner formellement le coup d'envoi de la campagne, a-t-il précisé. "NOUS SOMMES HUMBLES" L'épouse de l'ex-président Bill Clinton (1993-2001), apparaît, au moins sur le papier et pour le moment, comme le meilleur espoir du Parti démocrate de conserver la Maison blanche après avoir perdu les deux chambres du Congrès lors des élections de mi-mandat. Comme le prouve son message vidéo, sa campagne devrait s'articuler autour du thème des inégalités économiques et sur la nature historique de son combat : si elle est élue en novembre 2016, l'ex-Première dame deviendra la première femme présidente des Etats-Unis. Si le but d'Hillary Clinton est bien d'ouvrir aux femmes la porte de la Maison blanche, sa campagne ne se fera pas sur sa personne, mais autour du "citoyen ordinaire", a souligné samedi son directeur de campagne Robby Mook. "Nous sommes humbles: nous ne considérons rien comme acquis d'avance; nous n'avons pas peur de perdre, nous irons chercher chaque voix que nous pouvons gagner. Nous savons que cette campagne se gagnera sur le terrain, dans les Etats", a-t-il dit. Samedi, au sommet des Amériques, Barack Obama lui a apporté un soutien marqué. Il a déclaré lors d'une conférence de presse que son ancienne secrétaire d'Etat et "amie" ferait "une excellente présidente". DES RIVAUX DÉMOCRATES PEU NOMBREUX Au vu des enquêtes d'opinion, Hillary Clinton dispose d'une belle avance sur ses potentiels rivaux démocrates qui devraient de toute façon être peu nombreux à se lancer dans la course. Selon un sondage Reuters-Ipos, l'ex-sénatrice est soutenue par plus de 60% des démocrates. La sénatrice Elizabeth Warren du Massachusetts, issue de l'aile gauche du Parti, qui dit ne pas avoir l'intention de se présenter, arrive loin derrière en deuxième position à 18%. Ses principaux concurrents pourraient être l'ancien gouverneur du Maryland Martin O'Malley et l'ancien sénateur de Virginie Jim Webb, crédités chacun de moins de 10% de soutiens dans les sondages. Dans le camp républicain, les candidats à l'investiture se bousculent. Les sénateurs Ted Cruz du Texas et Rand Paul du Kentucky ont été les premiers à se lancer officiellement dans la primaire. Le sénateur Marco Rubio de Floride doit les rejoindre lundi. Malgré le soutien dont elle bénéficie et sa cote de popularité, Hillary Clinton devra calmer la polémique concernant l'utilisation de son adresse mail personnelle dans le cadre de son travail quand elle était secrétaire d'Etat. Les républicains disent y voir un signe de son goût pour le secret. Elle a indiqué qu'elle avait utilisé un compte unique par commodité, mais qu'elle n'avait ce faisant contrevenu à aucune règle sur la protection des données sensibles. Les républicains continuent par ailleurs toujours à critiquer sa gestion de l'attaque du consulat américain de Benghazi le 11 septembre 2012, qui a coûté la vie à l'ambassadeur des Etats-Unis en Libye Christopher Stevens et à trois autres ressortissants américains. (Lisa Lambert; Danielle Rouquié et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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