Clinton rejette les critiques sur l'attaque de Benghazi

le
0

par Jonathan Allen et John Whitesides WASHINGTON, 23 octobre (Reuters) - Hillary Clinton a rejeté les critiques de sa gestion de l'attaque de Benghazi lorsqu'elle était secrétaire d'Etat en 2012, jeudi lors d'une audition marathon devant une commission d'enquête de la Chambre des représentants. La candidate à l'investiture du Parti démocrate pour l'élection présidentielle de novembre 2016 a démenti avoir ignoré à l'époque les demandes d'un renforcement de la sécurité de la mission diplomatique américaine dans la ville de l'Est libyen, où l'ambassadeur J. Christopher Stevens et trois autres Américains ont été tués par des islamistes le 11 septembre 2012. L'ancienne sénatrice est restée à distance lors d'échanges houleux entre les membres républicains et démocrates de la commission d'enquête, accusée par son camp de vouloir avant tout nuire aux ambitions présidentielles de Clinton. Elle a gardé son sang-froid face aux questions parfois agressives des républicains, ce qui a fait dire au stratège républicain Joe Brettell: "Ils oublient que la secrétaire Clinton a affaire à des commissions hostiles depuis plus longtemps qu'ils ne sont en politique." La séance, qui a duré onze heures, se prolongeant tard dans la soirée, n'a pas apporté d'élément nouveau dans un épisode qui a déjà donné lieu à une demi-douzaine d'enquêtes du Congrès et une investigation indépendante. Hillary Clinton a dit trouver "personnellement pénible" d'être accusée d'avoir ignoré les requêtes portant sur une amélioration de la sécurité du complexe diplomatique de Benghazi. "J'étais responsable de beaucoup de choses. Je n'étais pa responsable des requêtes spécifiques et des mesures de sécurité", a-t-elle dit. DIX-SEPT MOIS D'ENQUÊTE La commission présidée par Trey Gowdy, un ancien procureur fédéral, enquête sur l'attaque depuis dix-sept mois et a entendu une cinquantaine de témoins. Les cinq démocrates qui siègent à la commission d'enquête (avec sept républicains) pourraient abandonner l'enquête une fois que Hillary Clinton aura été entendue. Ils expliquent qu'il ne reste pas grand-chose à découvrir dans cette affaire et critiquent ce qu'ils considèrent comme une politisation du dossier par les républicains pour plomber la candidature de l'ex-First Lady. Elijah Cummings, membre démocrate de la commission, a souhaité la fin d'une "partie de pêche payée par le contribuable". Les sondages montrent que les Américains sont divisés sur l'intérêt de cette instance. Dans un sondage Reuters/Ipsos réalisé cette semaine, les sympathisants républicains étaient 67% à approuver ses travaux, contre 16,5% de démocrates. En 2012, un rapport gouvernemental a déploré de graves négligences de la part de fonctionnaires du département d'Etat qui n'ont pas fait en sorte de renforcer la sécurité de la mission de Benghazi, malgré les demandes formulées par J. Christopher Stevens et d'autres diplomates en Libye. L'ex-secrétaire d'Etat a elle-même été interrogée à plusieurs reprises et Trey Gowdy a reconnu que l'audition de jeudi n'avait pas été foncièrement différente de ses témoignages précédents. (Avec Ginger Gibson; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant