Clinton ou Trump ? Les Américains appelés à trancher

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CLINTON OU TRUMP ?
CLINTON OU TRUMP ?

par Steve Holland

NEW YORK (Reuters) - La démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump affrontent le jugement de 226 millions d'électeurs américains appelés à élire mardi le 45e président des Etats-Unis au terme d'une campagne d'une rare violence. Les sondages accordent un léger avantage à l'ancienne secrétaire d'Etat.

Au dernier jour d'une bataille électorale qui s'est souvent résumée à un duel de personnes, l'ex-First Lady, 69 ans, et l'homme d'affaires new-yorkais, 70 ans, ont multiplié lundi les meetings dans les Etats indécis, cruciaux pour l'issue du scrutin, afin d'exhorter leurs partisans à se rendre aux urnes.

"Nous choisissons de croire en une Amérique de l'espoir, de la solidarité, une Amérique au grand coeur", a déclaré Hillary Clinton à Philadelphie devant une foule de 33.000 personnes, la plus grande affluence depuis son investiture comme candidate du Parti démocrate en juillet dernier.

Elle a été rejointe sur scène par le président Barack Obama et son épouse Michelle, et par son mari, l'ancien président Bill Clinton (1993-2001).

Pour son dernier meeting lundi, Donald Trump avait choisi le New Hampshire, où les sondages donnent les deux adversaires au coude-à-coude. "Demain, la classe laborieuse américaine ripostera. Il est temps", a lancé le milliardaire, entouré de sa famille.

EFFET BREXIT ?

Hillary Clinton aborde l'Election Day avec de bonnes chances de devenir la première femme élue à la présidence des Etats-Unis, après en avoir été la première dame pendant huit ans.

L'enquête States of the Nation de Reuters/Ipsos estime à 90% la probabilité d'une victoire de la démocrate, accordant à l'ancienne secrétaire d'Etat 303 grands électeurs probables contre 235 pour Donald Trump. Il faut réunir au moins 270 grands électeurs (sur 538) pour être élu à la Maison blanche.

Mais l'entourage de Donald Trump affirme que le niveau de soutien en faveur du magnat de l'immobilier n'apparaît pas à sa juste valeur dans les sondages et tablent sur une victoire en forme de coup de théâtre à la manière du vote britannique en faveur du Brexit en juin dernier.

"Nous observons une énorme dynamique", assure Dave Bossie, directeur adjoint de la campagne du républicain, porte-parole autoproclamé de la "majorité silencieuse".

Les marchés financiers, favorables à l'élection d'Hillary Clinton, garantie d'un certain statu quo, ont fluctué ces derniers jours au gré des derniers rebondissements dans l'affaire des courriels qui plombe depuis des mois la campagne de l'ex-secrétaire d'Etat.

Fin octobre, l'avance conséquente dont elle était créditée s'est en grande partie évaporée avec la décision du FBI de rouvrir son enquête concernant l'utilisation par Hillary Clinton de sa messagerie privée alors qu'elle dirigeait la diplomatie américaine.

La Bourse de New York a alors enregistré neuf séances consécutives de baisse avant de rebondir nettement lundi, au lendemain de la décision du FBI de refermer le dossier.

Hillary Clinton votera dans la journée à Chappaqua, dans l'Etat de New York où les Clinton possèdent une résidence, et Donald Trump à Manhattan. Ils présideront dans la soirée des rassemblements à New York.

BATAILLE AU CONGRÈS

Un premier indicateur des chances de l'un ou l'autre candidat pourrait venir de Caroline du Nord ou de Floride, deux Etats que Donald Trump est obligé de remporter s'il veut gagner l'élection. Clinton y a longtemps été donnée favorite par les sondages, mais la compétition y est désormais jugée trop serrée par les instituts, qui refusent de se prononcer.

Les bureaux de vote ferment à 00h30 GMT en Caroline du Nord et à 00h00 GMT et 01h00 GMT en Floride, l'Etat étant à cheval sur deux fuseaux horaires.

Un vote national important en faveur d'Hillary Clinton pourrait avoir des répercussions positives pour le Parti démocrate dans les élections au Congrès qui se déroulent en parallèle.

Les électeurs doivent renouveler un tiers du Sénat (34 sur 100) et l'ensemble de la Chambre des représentants (435 sièges).

Les républicains, majoritaires depuis deux ans au Sénat, sont en danger à la chambre haute, où les démocrates ont besoin d'un gain net de cinq sénateurs pour espérer reprendre le contrôle. Ils paraissent en revanche assurés de conserver la Chambre.

(avec Emily Stephenson et Amanda Becker; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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