Clinton et Trump s'affrontent sur les chiffres de l'emploi

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CLINTON ET TRUMP S'OPPOSENT SUR LES CHIFFRES DE L'EMPLOI
CLINTON ET TRUMP S'OPPOSENT SUR LES CHIFFRES DE L'EMPLOI

par Amanda Becker et Emily Stephenson

CLEVELAND/HERSHEY (Reuters) - Hillary Clinton et Donald Trump ont diversement accueilli les chiffres de l'emploi américain publiés vendredi, la première se félicitant du recul du chômage, le second contestant une statistique qu'il juge désastreuse.

Alors que l'échéance finale approche, les deux candidats courtisent plus que jamais les électeurs des Etats jugés décisifs qui feront pencher la balance d'un côté ou de l'autre le mardi 8 novembre et que les sondages laissent entrevoir une bataille serrée.

A Pittsburgh, en Pennsylvanie, Hillary Clinton a salué les chiffres communiqués dans la journée par le département du Travail qui témoignent d'une hausse des créations d'emploi, d'une embellie sur le front des salaires et d'une nouvelle baisse du chômage, revenu à 4,9%.

"Je pense que notre économie est sur le point de décoller et de s'épanouir. Et lorsque la classe moyenne s'épanouit, l'Amérique s'épanouit", s'est félicité la candidate démocrate.

Dans le New Hampshire, Donald Trump a contesté ce point de vue, qualifiant les chiffres de l'emploi de "désastre absolu" ne prenant pas en compte la masse des Américains qui ont cessé de chercher un emploi et qui ont quitté le marché du travail.

"De toute façon, personne ne croit ces chiffres. Les chiffres qu'ils y mettent sont faux", a-t-il dit à Atkinson.

Dans la "Rust belt", la ceinture de rouille qui englobe des Etats durement touchés par la désindustrialisation, l'économie devrait prendre une large place dans le choix d'électeurs qui se retrouvent au centre de l'attention des deux candidats.

SONDAGES INDÉCIS

Hillary Clinton et Donald Trump avaient prévu de se rendre vendredi dans l'Ohio et en Pennsylvanie, avant que la démocrate ajoute une étape dans le Michigan et que le républicain décide de faire une halte dans le New Hampshire.

Selon le site RealClearPolitics, qui calcule les moyennes des derniers sondages, Donald Trump fait la course en tête dans l'Ohio avec une marge de 3,3 points et le New Hampshire (+1,6 point) mais il est devancé par Hillary Clinton en Pennsylvanie (+2,6 point) et dans le Michigan (+4,8 points).

En Floride, autre Etat décisif dans lequel les deux candidats ont mené campagne ces derniers jours, l'ancienne secrétaire d'Etat est créditée d'une avance de 1,2 point, mais elle accuse un retard de 0,8 point en Caroline du Nord et un autre de 2 points dans le Nevada.

Les sondages réalisés à l'échelle nationale accordent dans l'ensemble une légère avance à Hillary Clinton. La dernière enquête Reuters/Ipsos la place 5 points devant Donald Trump.

Pour tenter d'obtenir les 270 grands électeurs dont il aura besoin pour se faire élire à la Maison blanche, Donald Trump, homme d'affaires new-yorkais et ancienne vedette de télé-réalité, s'efforce de séduire la population ouvrière américaine qui se sent abandonnée par Washington et qui observe, préoccupée, la mondialisation de l'économie.

Donald Trump a donc axé son discours économique sur le refus du libre-échange et vanté des politiques protectionnistes avec un résultat qui semble pour l'heure assez contrasté.

"UN PLAFOND DE VERRE À BRISER"

Une enquête Reuters/Ipsos menée en octobre montre qu'une majorité d'électeurs de l'Ohio et de Pennsylvanie jugent que les accords internationaux sont une bonne chose pour les Etats-Unis car ils garantissent l'accès à des biens de consommation bon marché. Ils reconnaissent toutefois qu'ils pénalisent les "Américains moyens" en exerçant une pression négative sur les salaires et en détruisant l'emploi.

La même enquête a montré que les foyers de salariés syndiqués préfèrent la candidate démocrate mais que les hommes sont plus favorables à Trump.

Ce dernier a par ailleurs une nouvelle fois remis en question les capacités de son adversaire, jugeant que sa présidence serait pénalisée et occultée par les enquêtes dont elle fait l'objet et qu'elle provoquerait une crise constitutionnelle.

"N'en avons nous pas assez de tout ça ?", a-t-il demandé. "L'Amérique mérite un gouvernement capable de se mettre au travail dès le premier jour."

Hillary Clinton a de son côté rappelé une fois de plus les propos tenus par son rival à l'encontre des minorités, qu'il s'agisse des musulmans, des Latino-Américains ou des femmes, et qui seraient la marque d'un caractère imprévisible.

"Pensez que cela signifierait que les codes nucléaires seraient confiés à quelqu'un qui n'a pas vraiment la peau dure et qui pourrait perdre son sang froid à la moindre insulte."

A quelques jours du scrutin, les organisations hispaniques sont nombreuses à avoir pris fait et cause pour la candidate et elles redoublent d'efforts pour convaincre les électeurs d'aller voter pour elle.

La candidate démocrate a achevé la journée en assistant à un concert de Jay Z et de son épouse Beyonce, à Cleveland. "Nous avons un travail à terminer, d'autres barrières à faire tomber et, avec votre aide, un plafond de verre à briser une fois pour toute", a-t-elle lancé aux spectateurs.

Lors de son dernier meeting du jour, en Pennsylvanie, Donald Trump a tourné cette apparition en dérision. "Je ici tout seul. Il n'y a que moi, sans guitare, sans piano, sans rien..."

(Avec Maurice Tamman et Luciana Lopez à New York; Nicolas Delame et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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