Clinton et Trump d'affrontent sur les chiffres de l'emploi

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    par Amanda Becker et Emily Stephenson 
    CLEVELAND/HERSHEY, 5 novembre (Reuters) - Hillary Clinton et 
Donald Trump ont diversement accueilli les chiffres de l'emploi 
américain publiés vendredi, la première se félicitant du recul 
du chômage, le second contestant une statistique qu'il juge 
désastreuse. 
    Alors que l'échéance finale approche, les deux candidats 
courtisent plus que jamais les électeurs des Etats jugés 
décisifs qui feront pencher la balance d'un côté ou de l'autre 
le mardi 8 novembre et que les sondages laissent entrevoir une 
bataille serrée. 
    A Pittsburgh, dans l'Etat de Pennsylvanie, Hillary Clinton a 
salué les chiffres communiqués plus tôt dans la journée par le 
département du Travail qui témoignent d'une hausse des créations 
d'emploi, d'une embellie sur le front des salaires et d'une 
nouvelle baisse du taux de chômage, revenu à 4,9%.   
    "Je pense que notre économie est sur le point de décoller et 
de s'épanouir", a déclaré la candidate démocrate. "Et lorsque la 
classe moyenne s'épanouit, l'Amérique s'épanouit", a-t-elle 
encore lancé. 
    Dans le New Hampshire, Donald Trump a contesté ce point de 
vue, qualifiant les chiffres de l'emploi de "désastre absolu" ne 
prenant pas en compte la masse des Américains qui ont cessé de 
chercher un emploi et qui ont quitté le marché du travail. 
    "De toute façon, personne ne croit ces chiffres. Les 
chiffres qu'ils y mettent sont faux", a-t-il dit à Atkinson. 
    Dans la "Rust belt", la ceinture de rouille qui englobe des 
Etats durement touchés par la désindustrialisation, l'économie 
devrait prendre une large place dans le choix d'électeurs qui se 
retrouvent au centre de l'attention des deux candidats. 
     
    SONDAGES INDECIS 
    Hillary Clinton et Donald Trump avaient prévu de se rendre 
vendredi dans l'Ohio et en Pennsylvanie, avant que la démocrate 
ajoute une étape dans le Michigan et que le républicain décide 
de faire une halte dans le New Hampshire. 
    Selon le site RealClearPolitics, qui calcule les moyennes 
des derniers sondages, Donald Trump fait la course en tête dans 
l'Ohio avec une marge de 3,3 points et le New Hampshire (+1,6 
point) mais il est devancé par Hillary Clinton en Pennsylvanie 
(+2,6 point) et dans le Michigan (+4,8 points). 
    En Floride, un autre Etat décisif dans lequel les deux 
candidats ont mené campagne ces derniers jours, l'ancienne 
secrétaire d'Etat est créditée d'une avance de 1,2 point, mais 
elle accuse un retard de 0,8 point en Caroline du Nord et un 
autre de 2 points dans le Nevada. 
    Les sondages réalisés à l'échelle nationale accordent dans 
l'ensemble une légère avance à Hillary Clinton. La dernière 
enquête Reuters/Ipsos la place 5 points devant Donald Trump. 
     
    COLS BLEUS 
    Pour tenter d'obtenir les 270 grands électeurs dont il aura 
besoin pour se faire élire à la Maison blanche, Donald Trump, 
homme d'affaires new-yorkais et ancienne vedette de 
télé-réalité, s'efforce de séduire la population ouvrière 
américaine qui se sent abandonnée par Washington et qui observe, 
préoccupée, la mondialisation de l'économie. 
    Donald Trump a donc axé son discours économique sur le refus 
du libre-échange et vanté des politiques protectionnistes avec 
un résultat qui semble pour l'heure assez contrasté. 
    Une enquête Reuters/Ipsos menée en octobre montre qu'une 
majorité d'électeurs de l'Ohio et de Pennsylvanie jugent que les 
accords internationaux sont une bonne chose pour les Etats-Unis 
car ils garantissent l'accès à des biens de consommation bon 
marché tout en reconnaissait qu'ils pénalisent les "Américains 
moyens" en exerçant une pression négative sur les salaires et en 
détruisant l'emploi. 
    La même enquête a montré que les foyers de salariés 
syndiqués préfèrent la candidate démocrate mais que les hommes 
préfèrent Trump. 
    Ce dernier a par ailleurs une nouvelle fois remis en 
question les capacités de son adversaire, jugeant que sa 
présidence serait pénalisée et occultée par les enquêtes qui la 
visent et qu'elle provoquerait une crise constitutionnelle. 
    "N'en avons nous pas assez de tout ça ?", a-t-il demandé. 
"L'Amérique mérite un gouvernement capable de se mettre au 
travail dès le premier jour." 
    Hillary Clinton a de son côté une fois de plus rappelé les 
propos tenus par son rival à l'encontre des minorités, qu'il 
s'agisse des musulmans, des Latino-Américains ou des femmes, et 
qui seraient la marque d'un caractère imprévisible. 
    "Pensez que cela signifierait que les codes nucléaires 
seraient confiés à quelqu'un qui n'a pas vraiment la peau dure 
et qui pourrait perdre son sang froid à la moindre insulte." 
    A quelques jours du scrutin, les organisations hispaniques 
sont nombreuses à avoir pris fait et cause pour la candidate et 
elles redoublent d'efforts pour convaincre les électeurs d'aller 
voter pour elle. 
    Lizet Ocampo, directrice d'un programme civique à 
destination des Latino-Américains, a dit à Reuters avoir 
multiplié les achats d'encarts publicitaires à la télévision et 
à la radio dans le Nevada, la Caroline du Nord et Pennsylvanie. 
Un déploiement est également prévu sous peu en Arizona. 
 
 (Additional reporting by Maurice Tamman and Luciana Lopez in 
New York; Writing by John Whitesides; Editing by Frances Kerry)
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