Clinton et Trump abordent le "Super Tuesday" en favoris

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 (Actualisé avec heure des premières projections, déclaration de 
Trump et plainte pour fraude à son encontre) 
    par Steve Holland et Amanda Becker 
    WASHINGTON, 1er mars (Reuters) - Hillary Clinton dans le 
camp démocrate et Donald Trump chez les républicains partent 
grands favoris du "Super Tuesday", ce mardi, qui verra les 
électeurs de douze Etats se prononcer dans le cadre des 
primaires pour l'élection présidentielle de novembre. 
    Portée par son triomphe en Caroline du Sud, où elle a signé 
samedi sa troisième victoire en quatre primaires, Hillary 
Clinton s'est d'ores et déjà projetée sur un possible duel face 
à Donald Trump. 
    Si l'ex-secrétaire d'Etat précise qu'elle n'est pas encore 
assurée à ce stade de décrocher l'investiture de son parti, elle 
n'en a pas moins tourné son discours vers l'élection du 8 
novembre en dirigeant ses attaques contre Donald Trump, favori 
de la course à l'investiture du Grand Old Party. 
    "En dépit de ce que vous entendez, nous n'avons pas besoin 
de restaurer la grandeur de l'Amérique. L'Amérique n'a jamais 
cessé d'être grande", a-t-elle dit après sa victoire en Caroline 
du Sud, visant directement le slogan de Trump "Make America 
Great Again". 
     
    LE MINNESOTA, MEILLEURE CHANCE POUR RUBIO 
    Dans le camp républicain, le promoteur immobilier et star de 
la téléréalité peut lui aussi attendre avec sérénité l'issue du 
Super Tuesday, qui désignera 595 délégués pour la convention de 
Cleveland, soit près du quart du total. 
    Les sondages laissent en effet entendre que les primaires de 
ce mardi ne modifieront pas les dynamiques de campagne côté 
démocrate comme républicain, où il ne reste plus que cinq 
candidats en lice (Donald Trump, Ted Cruz, Marco Rubio, John 
Kasich et Ben Carson). 
    D'après les dernières compilations du site Real Clear 
Politics, Clinton est largement en tête dans six Etats du Sud où 
le vote noir, comme en Caroline du Sud, pourrait de nouveau la 
porter vers la victoire (Alabama, Arkansas -- dont son mari Bill 
fut le gouverneur au début de sa carrière --, Georgie, 
Tennessee, Texas et Virginie) ainsi que dans le Minnesota et 
dans le Colorado.  
    Sanders part gagnant dans son Etat, le Vermont, dont il est 
sénateur, et talonne la favorite dans un autre Etat du nord-est, 
le Massachusetts, ainsi que dans l'Oklahoma. 
    Les Etats concernés par la primaire démocrate désigneront 
mardi 1.017 délégués, soit un peu plus de 20% des délégués 
attendus à la convention de Philadelphie. 
    Les premières projections sont attendues vers 00h00 GMT, 
après la fermeture des bureaux de vote du Vermont, de Virginie 
et de Géorgie.   
    Côté républicain, Trump est donné gagnant dans huit Etats 
(Alabama, Alaska, Georgie, Massachusetts, Oklahoma, Tennessee, 
Vermont et Virginie) avec des marges oscillant entre quatre 
points (en Alaska) et plus de 25 points (Massachusetts). Il a 
d'ores et déjà entamé sa campagne pour la prochaine étape, qui 
aura lieu le 15 mars dans l'Ohio. 
    "Notre pays est si incroyablement divisé. Nous allons le 
rassembler. Les gens ne le savent pas, mais je les rassemble", 
a-t-il lancé mardi lors d'un meeting à Columbus.     
    Au Texas, dont il est sénateur, Ted Cruz doit impérativement 
s'imposer mais Trump est à moins de neuf points de lui dans les 
intentions de vote. 
    Les jeux sont plus serrés dans l'Arkansas, où Cruz, seul 
adversaire de Trump à s'être imposé dans l'un des premiers 
rendez-vous de la primaire, début février dans l'Iowa, fait la 
course en tête et devance Trump et Rubio de quatre points. 
    Dans le Minnesota, un sondage donne Rubio devant mais avec 
une très faible avance. Cruz n'est qu'à deux points, Trump à 
cinq. Le jeune sénateur de Floride doit pourtant s'imposer s'il 
veut préserver ses chances pour la suite de la campagne.  
    Face aux discours radicaux de Trump et Cruz, l'ex-protégé de 
Jeb Bush fait figure de candidat du consensus, plus proche des 
élites républicaines. En dépit d'une bonne prestation dans les 
caucus inauguraux de l'Iowa, il n'a pas encore décroché la 
moindre victoire. 
    Les républicains du Colorado, qui devaient se réunir en 
caucus, ont quant à eux décidé que les 37 délégués devant les 
représenter à Cleveland seraient libres de leur choix. 
     
    UN "CANDIDAT BOULET" 
    Un duel entre les deux favoris actuels des primaires verrait 
s'affronter un pur produit des élites politiques américaines, 
Hillary Clinton, qui a été tour à tour First Lady (1993-2001), 
sénatrice de New York (2001-2009) et chef de la diplomatie 
américaine pendant le premier mandat de Barack Obama 
(2009-2013), et une incarnation de leur rejet, Donald Trump, qui 
se présente en candidat anti-système et n'a jamais été élu à 
aucune charge publique. 
    La domination de Trump continue d'inquiéter au Parti 
républicain. D'après la chaîne américaine CNN, John Cornyn, 
numéro deux du groupe républicain au Sénat, a ainsi redouté 
lundi que le magnat de l'immobilier, s'il est investi par le 
Grand Old Party lors de la convention de Cleveland, ne soit un 
handicap pour les candidats républicains qui brigueront d'autres 
fonctions électives le 8 novembre. 
    "Nous ne pouvons nous permettre d'avoir un candidat qui soit 
un boulet pour les autres élections", a dit Cornyn. "C'est une 
personnalité controversée. Nous avons besoin je crois de 
quelqu'un capable d'unifier le parti, et non de le diviser." 
    Une plainte pour fraude déposée par l'Attorney General de 
New York concernant la Trump University a été jugée recevable 
mardi, ce qui pourrait donner du grain à moudre aux détracteurs 
du magnat.      
     
    VOIR AUSSI 
    Le POINT sur les primaires:  ID:nL8N15G1ZD  
    Le TABLEAU des primaires:  ID:nL8N15O2QW  
 
 (avec Alana Wise, John Whitesides et Timothy Ahmann à 
Washington, Luciana Lopez à New York et Emily Stephenson à San 
Antonio; Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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