Clinton et Sanders combatifs avant le duel de New York

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    par Luciana Lopez et Jonathan Allen 
    NEW YORK, 15 avril (Reuters) - Hillary Clinton et Bernie 
Sanders se sont vivement apostrophés jeudi lors d'un nouveau 
débat télévisé, à quelques jours de l'importante primaire de 
l'Etat de New York. 
    Le ton inhabituellement vif de leurs échanges, sur des 
thèmes tels que la finance ou le contrôle des armes à feu, 
témoigne de l'intensité croissance de leur duel pour 
l'investiture démocrate en vue de la présidentielle de novembre, 
que l'ancienne secrétaire d'Etat continue toutefois à dominer.  
    "Si vous criez tous en même temps, les spectateurs ne vous 
entendront ni l'un ni l'autre", leur a lancé Wolf Blitzer, le 
journaliste de CNN chargé d'animer ce débat organisé au Navy 
Yard de Brooklyn. L'affrontement n'a toutefois pas donné lieu 
aux dérapages qui caractérisent la course à l'investiture 
républicaine.  
    Bernie Sanders, qui disait jusqu'ici douter des capacités de 
sa rivale à exercer la plus haute fonction exécutive, l'a cette 
fois jugée à la hauteur de la tâche, mais lui a reproché 
pêle-mêle ses liens avec le monde de la finance, son vote de 
2003 en faveur du recours à la force en Irak et son engagement 
en faveur de la libéralisation des échanges mondiaux.  
    Barack Obama, a-t-elle répliqué, s'est lui aussi appuyé sur 
Wall Street pour financer sa campagne, ce qui ne l'a pas empêché 
de renforcer considérablement les règles qui régissent les 
marchés financiers.  
     
    SANDERS PLUS APPRÉCIÉ SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX 
    Prié d'illustrer ses allégations concernant la supposée 
compromission d'Hillary Clinton avec le monde de la finance, 
Sanders a affirmé qu'elle était trop occupée à prononcer des 
discours chez Goldman Sachs pour s'en prendre aux grands 
établissements bancaires.  
    "Il ne peut citer aucun exemple parce qu'il n'y a pas 
d'exemples", s'est écriée l'intéressée, ajoutant qu'elle s'était 
opposée à certaines pratiques bancaires lorsqu'elle était 
sénatrice de New York.  
    L'ex-First Lady à quant à elle à nouveau reproché au 
sénateur du Vermont son vote en faveur d'un projet de loi 
destiné à mettre les fabricants d'armes à l'abri de poursuites 
criminelles, ce qui a fait rire l'intéressé. "Ce sujet ne prête 
pas à rire", l'a-t-elle mouché. 
    Selon la firme Brandwatch, qui a compté les coups sur les 
réseaux sociaux, les 173.000 réactions suscitées par Bernie 
Sanders ont été à 55% positives. Hillary Clinton en totalise 
191.000, mais elles sont à 54% négatives. Les opinions négatives 
au sujet de la favorite du camp démocrate l'avaient déjà emporté 
lors de deux des trois précédents débats.  
    Son adversaire a remporté sept des huit dernières primaires, 
mais celle de mardi à New York, où Hillary Clinton sera à 
domicile, s'annonce plus difficile. Bernie Sanders va toutefois 
interrompre brièvement sa campagne vendredi pour se rendre au 
Vatican, où il doit s'exprimer dans le cadre d'une conférence 
sur l'économie mondiale et la justice sociale. Il sera de retour 
dimanche.  
    Pour l'heure, Clinton compte 251 délégués de plus que lui et 
cette avance passe à 700 si on ajoute les "superdélégués", les 
membres de la direction du Parti qui sont libres de leur choix.  
      
 
 (Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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