Clinton cherche à se placer au-dessus de la mêlée démocrate

le
0
    par John Whitesides et Luciana Lopez 
    MANCHESTER, New Hampshire, 20 décembre (Reuters) - Favorite 
dans la course à l'investiture démocrate pour l'élection 
présidentielle de 2016, Hillary Clinton s'est efforcée samedi de 
se placer au-dessus de la mêlée démocrate, réservant ses piques 
les plus cinglantes à Donald Trump, en tête des intentions de 
vote des électeurs républicains. 
    Le débat de deux heures diffusé par ABC News ne changera 
sans doute pas la trajectoire de la course à l'investiture 
démocrate, largement dominée par l'ancienne secrétaire d'Etat, 
ses deux adversaires, Bernie Sanders et Martin O'Malley, 
cherchant toujours à créer une dynamique. 
    Hillary Clinton s'est publiquement interrogée sur le coût de 
certaines des propositions de Bernie Sanders, figure de proue de 
l'aile gauche du Parti démocrate, qui suggère notamment 
d'unifier le système de l'assurance santé ou de supprimer les 
frais d'inscriptions à l'université, laissant entendre que ces 
promesses auraient un coût élevé pour les classes moyennes. 
    Elle a promis de ne pas augmenter les impôts de ces 
familles, jugeant qu'un tel projet "ne devrait être au programme 
de personne." 
    "Je ne pense pas que nous devions imposer de nouveaux grands 
projets qui se traduiraient par une hausse des impôts pesant sur 
les familles des classes moyennes", a-t-elle dit. 
    "Nous devons faire en sorte qu'elles puissent à nouveau 
économiser de l'agent, investir dans leur famille." 
     
    ASSAD 
    Bernie Sanders, qui cherche à réduire la distance qui le 
sépare d'Hillary Clinton dans les sondages, a attaqué sa rivale 
sur le front de la politique étrangère, lui reprochant d'avoir 
prôné en vain un départ rapide de Bachar al Assad alors que ce 
dernier a réussi à s'accrocher au pouvoir malgré plus de quatre 
ans de guerre civile. 
    "Le secrétaire d'Etat Clinton est bien trop partisane du 
changement de régime et légèrement trop agressive sans pour 
autant en connaître les conséquences", a dit Bernie Sanders. 
    "Certes, nous pourrions nous débarrasser d'Assad dès demain, 
mais cela provoquerait une nouvelle vacance politique", qui 
profiterait à l'Etat islamique, a-t-il poursuivi. 
    "Il est aisé de changer de régime. Il est aisé de se 
débarrasser des dictateurs. Mais avant de le faire, il faut 
réfléchir à ce qui se passe le lendemain." 
    Hillary Clinton a balayé ces critiques, soulignant que 
lorsqu'il était sénateur du Vermont, il avait voté en faveur 
"d'un changement de régime en Libye." 
     
    CONTRÔLE DES ARMES 
    Elle a également fait part de son désaccord avec la position 
de Bernie Sanders qui estime que les Etats-Unis doivent 
privilégier le combat contre l'Etat islamique plutôt que les 
négociations visant à chasser Bachar al Assad du pouvoir, 
jugeant que l'un n'empêchait pas l'autre. 
    Tentant de se distinguer de ses deux adversaires, l'ancien 
gouverneur du Maryland Martin O'Malley a stigmatisé l'attitude 
de ses deux adversaires sur la question du contrôle des armes, 
les accusant d'avoir changé d'avis après les dernières tueries 
de masse qui ont culminé le 2 décembre avec la mort de 14 
personnes tuées à San Bernardino par deux extrémistes 
islamistes. 
    Selon Martin O'Malley, l'Etat islamique a recommandé à ses 
partisans de se procurer des armes dans les "gun shows", ces 
immenses foires commerciales où il est plus aisé de se procurer 
des armes à feu que dans les points de vente traditionnels. 
Cette facilité résulte selon lui de l'attitude "changeante" de 
Bernie Sanders et d'Hillary Clinton. 
    Bernie Sanders, classé deuxième dans les sondages, s'est 
élevé contre ces propos, rappelant qu'il avait perdu une 
élection dans le Vermont en raison de ses positions sur le 
contrôle des armes. 
    Les trois adversaires ont également débattu de la stratégie 
à adopter vis-à-vis de l'Etat islamique et de la façon d'éviter 
les attaques commises par des "loups solitaires", à l'image de 
celle de San Bernardino. 
 
 (John Whitesides et Luciana Lopez,; Nicolas Delame pour le 
service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant