Clinton à la relance à New York, Trump en quête de grand chelem

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    * L'ex-sénatrice de New York reste sur sept revers sur les 
huit derniers scrutins de la primaire démocrate 
    * Mais les sondages la créditent d'une solide avance sur 
Sanders 
    * Dans le camp républicain, Trump veut gagner les 95 
délégués en jeu 
 
    par Jonathan Allen et Luciana Lopez 
    NEW YORK, 19 avril (Reuters) - Hillary Clinton dans le camp 
démocrate et Donald Trump chez les républicains abordent de 
nouveau en position de favori les primaires organisées ce mardi 
dans l'Etat de New York, où le marathon des investitures 
pourrait prendre un nouveau tournant. 
    L'ex-secrétaire d'Etat de Barack Obama (2009-2013) entend 
inverser la dynamique qui porte son rival, Bernie Sanders, 
depuis la fin mars: sur les huit dernières consultations, le 
sénateur du Vermont en a remporté sept. 
    De son côté, le magnat de l'immobilier, qui a vu se 
constituer au sein des élites et des cadres du Parti républicain 
un front hostile à sa candidature, veut reprendre sa marche en 
avant et se rapprocher des 1.237 délégués qui lui assureraient 
l'investiture lors de la convention du Grand Old Party l'été 
prochain à Cleveland. 
    La question pour Trump est de savoir s'il parviendra à 
remporter la majorité absolue dans chacun des 27 districts 
électoraux de l'Etat. C'est à ce prix qu'il décrocherait la 
totalité des 95 délégués en jeu dans l'Etat de la côte Est. 
Sinon, des clefs de répartition différentes s'appliqueraient et 
il devrait partager les délégués avec ses deux adversaires, le 
sénateur du Texas Ted Cruz et le gouverneur de l'Ohio John 
Kasich. 
    A ce stade des primaires, Trump compte 744 délégués contre 
559 pour Cruz et 144 pour Kasich, selon le dernier décompte 
réalisé par l'agence Associated Press. 
    Cruz, dont les positions très conservatrices et religieuses 
se marient mal avec la démographie de l'Etat de New York, et 
Kasich veulent croire pour leur part que la convention de 
Cleveland, du 18 au 21 juillet, sera une convention "négociée" 
ou "contestée" où aucun prétendant ne disposerait de la majorité 
absolue des délégués. Dans ce scénario, ils conserveraient des 
chances de détrôner Trump. 
    "Les enjeux sont trop élevés pour donner l'élection à 
Hillary Clinton, ce qui se passerait en cas d'investiture de 
Donald Trump", a déclaré le sénateur du Texas sur ABC, 
alimentant le "Tout sauf Trump".  
    La moyenne des sondages réalisée par le site Real Clear 
Politics crédite le milliardaire new-yorkais d'un peu plus de 
53% des intentions de vote dans tout l'Etat contre un peu moins 
de 23% pour Kasich et 18% à peine pour Cruz. 
     
    INVECTIVES ET ACCUSATIONS DE FINANCEMENT ILLÉGAL 
    Dans le camp démocrate, 291 délégués sont en jeu, répartis à 
la proportionnelle. 
    En l'état, Hillary Clinton, qui a été la sénatrice de New 
York pendant deux mandats, de 2001 à 2009, fait la course en 
tête avec 1.758 délégués contre 1.076 pour Sanders, selon AP. Ce 
décompte intègre les "super délégués", élus et cadres du Parti 
démocrate libres de leur choix. Il faudra au total au moins 
2.383 délégués pour décrocher l'investiture du parti lors de la 
convention de Philadelphie, du 25 au 28 juillet. 
    Sanders, natif de Brooklyn, a réduit l'écart dans les 
intentions de vote ces dernières semaines. Alors qu'il était 
relégué fin mars à plus de 30 points dans les intentions de vote 
des New-Yorkais, il est désormais crédité de 41,4% contre 53,1% 
pour Clinton dans la dernière moyenne Real Clear Politics. 
    Invité lundi sur NBC, il a reconnu que les sondages lui 
étaient toujours défavorables. Pour ajouter aussitôt: "Attendons 
le véritable scrutin demain." 
    Le ton est monté entre la favorite et le sénateur 
"socialiste", qui a réuni 28.000 personnes à Prospect Park, dans 
le quartier de Brooklyn. Un très vif débat a opposé les deux 
candidats la semaine dernière à la télévision.  
    Lundi, l'équipe Sanders a accusé le camp Clinton 
d'infractions aux règles de financement des campagnes. Son 
directeur de campagne, Jeff Weaver, a affirmé que des membres de 
l'équipe Clinton étaient rémunérés sur des fonds conjointement 
collectés par la candidate et par le Comité national du Parti 
démocrate (DNC). "Que le DNC autorise l'utilisation d'un comité 
commun au bénéfice d'une candidate en plein coeur d'une primaire 
contestée est sans précédent", a-t-il dénoncé. 
    Sa rivale a fait démentir ces accusations sans fondement et 
"irresponsables".      
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur les primaires:  ID:nL8N15G1ZD  
    LE TABLEAU des primaires:    ID:nL8N15O2QW   
 
 (avec Susan Heavey et Megan Cassella à Washington; Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 
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