Climat : les investisseurs restent mobilisés

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Climat : les investisseurs restent mobilisés
Climat : les investisseurs restent mobilisés

Il faut accélérer le débat sur la transition énergétique. Tel était le message adressé au G20 par 130 investisseurs pesant 13 000 milliards de dollars dans une lettre ouverte publiée fin août. Au-delà de ce message, où en sont-ils dans la réorientation de leurs investissements vers une économie bas carbone ? L’étude réalisée par le centre de recherche de Novethic pour les Principes pour l’investissement responsable (PRI) analyse les engagements des signataires du Montreal Pledge sur l’empreinte carbone de leurs portefeuilles.

A l’instar de Laurent Fabius, qui alerte sur la nécessité d’accélérer l’action contre le réchauffement climatique, les investisseurs qui ont soutenu l’Accord de Paris ne relâchent pas leur effort.

Dans une lettre ouverte signée par les adhérents des principales organisations sur l’investissement responsable (PRI, IIGCC et CDP), ils entendent mettre la pressions sur les États. Les plus grands fonds de pension et assureurs mondiaux les enjoignent de ratifier l’Accord de Paris, d’adopter un prix du carbone, mais aussi de supprimer les subventions aux énergies fossiles.

Pour Stephanie Pfeifer, la directrice de l’Institutional Investors Group on Climate Change (IIGCC): "L’Accord de Paris envoie un signal clair aux investisseurs sur la nécessité de financer la transition vers une économie bas carbone. Elle est inévitable et déjà en marche !" 

Emma Herd, directrice de l’organisation australienne Investor Group on Climate Change (IGCC) renchérit : "Pour que le secteur privé apporte les ressources nécessaires et indispensables à la transition, les signaux politiques de protection du climat doivent être aussi forts et clairs que possible." 

 

Les leaders exemplaires restent rares

L’impérieuse nécessité de maintenir le réchauffement climatique en deça des 2 degrés avant la fin du siècle était un sentiment partagé fin 2015, lors de la COP21. Qu’en est-il mi-2016 ?

Le centre de recherche de Novethic a analysé, en partenariat avec les PRI, comment les signataires du Montreal Pledge, lancé à l’automne 2014, avaient décliné leurs engagements. Ces 120 investisseurs (assureurs, fonds de pension, sociétés de gestion), qui détiennent plus de 10 000 milliards de dollars d'encours, devaient évaluer l’empreinte carbone de leurs portefeuilles et rendre publique la méthodologie utilisée.

À l’automne 2016, 80% d’entre eux ont tenu leurs promesses. Mais une analyse en profondeur des reportings publiés montrent les limites de l’exercice. Seuls une douzaine d’entre eux peuvent être considérés comme des leaders exemplaires ayant adopté des pratiques variées en matière de mesure de l’empreinte carbone, d’analyse des risques climat et d’alignement de leur stratégie d’investissement avec la limitation du réchauffement global sous les +2 degrés d'ici la fin du siècle.

L’étude souligne également que la faible qualité des données fournies par les entreprises sur leurs émissions de gaz à effet de serre, directes et indirectes, reste un handicap majeur pour leurs actionnaires, qui souhaitent réaliser leur empreinte carbone.

Les méthodologies déployées par les signataires du Montreal Pledge fournissent un panorama exhaustif de la diversité du champ des possibles (variété des indicateurs, des périmètres couverts et des méthodologies), ce qui rend la comparaison difficile. Elles montrent la nécessité d’harmoniser non seulement la mesure mais aussi l’analyse des risques et des performances climatiques pour pouvoir évaluer jusqu’où ces acteurs financiers engagés sont bien sur une trajectoire de deux degrés.

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