Climat-Les efforts envisagés encore insuffisants, juge Hollande

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* Hollande évoque un réchauffement de 3°C au lieu de 2°C * Les contributions nationales arrivent au compte-gouttes PARIS, 21 juillet (Reuters) - Dans l'état actuel des négociations sur le climat, l'accord qui se dessine est insuffisant pour maintenir le réchauffement de la planète sous 2°C, a déclaré mardi François Hollande, qui a lancé un nouvel appel à la "mobilisation de tous". Le président français sera l'hôte de la conférence des Nations unies sur le climat (COP21) prévue à Paris en décembre et considérée comme une des dernières chances de conclure un accord universel sur la réduction des gaz à effet de serre. Il s'adressait à une quarantaine de responsables religieux, d'intellectuels et de "personnalités morales" du monde entier réunis à Paris pour lancer un "Appel des consciences pour le climat" aux dirigeants politiques et aux négociateurs. Le chiffre de 2°C est considéré par les scientifiques comme le seuil au-delà duquel les dégâts provoqués par le réchauffement climatique seraient irréversibles, y compris sur le plan de la sécurité et de la paix dans le monde. Or, "avec un accord qui pourrait être celui qu'on entrevoit avec les négociations (actuelles) et avec les contributions qui ont été déposées par chacun des Etats, nous sommes encore au-dessus de 2°C, sans doute 3°C", a dit François Hollande. Le niveau d'ambition du projet d'accord est un des sujets au menu d'une réunion ministérielle de deux jours à laquelle les représentants de 52 pays et organisations participent depuis lundi à Paris, pour tenter de donner un coup d'accélérateur politique aux négociations. ID:nL5N1003FX Les contributions nationales à la lutte contre le réchauffement, que doivent déposer les 195 pays participants à la COP21 d'ici octobre arrivent en outre au compte-gouttes. A ce jour, seulement 47 pays, dont les 28 de l'Union européenne, les Etats-Unis, la Chine et la Russie, ont déposé les leurs. "UN CHOIX ÉTHIQUE" Selon les scientifiques, maintenir le réchauffement sous 2°C signifie pour l'ensemble des pays de la planète renoncer à utiliser 80% des ressources d'énergies fossiles encore facilement accessibles, a rappelé François Hollande. Cela suppose que l'usage des énergies renouvelables devienne à terme la norme, mais pas seulement, a-t-il poursuivi. "Les émissions générées par l'exploitation des terres représentent environ un quart des émissions globales de gaz à effet de serre", a-t-il expliqué. "Mieux gérés, les sols, les surfaces agricoles, les prairies, les zones humides, les forêts peuvent rapidement absorber et stocker sept à 10 gigatonnes d'équivalent carbone et cela chaque année, jusqu'en 2030." Cela représenterait la moitié de la réduction des émissions de CO2 nécessaires sur les 10 à 20 années à venir et aurait pour effet de stimuler la fertilité des sols, donc de contribuer à la sécurité alimentaire mondiale, a-t-il fait valoir. "Vivre dignement où l'on est né, ne pas avoir à quitter son pays pour chercher subsistance, c'est aussi la garantie d'un monde plus sûr", a-t-il ajouté. "Voilà ce qui est en jeu (...) Cet enjeu est si grand qu'il exige la mobilisation de tous." La question climatique ne se réduit pas à ses dimensions scientifique, technologique, économique et politique, a enfin insisté le chef de l'Etat français. "La cause profonde de la dégradation de l'environnement et du climat, c'est un mode de vie, un mode de production, un mode de consommation, qui n'est plus compatible avec le développement humain. C'est donc un rapport à la planète qu'il faut repenser entièrement et donc un choix éthique qui doit être partagé." (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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