Climat-La COP21 invitée à dépasser les déclarations d'intention

le , mis à jour à 20:43
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    * Un rassemblement inédit de chefs d'Etat de gouvernement 
    * Hollande demande de nouveau un accord contraignant 
    * Obama reconnaît la responsabilité des Etats-Unis 
 
    par Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry 
    LE BOURGET, Seine-Saint-Denis, 30 novembre (Reuters) - Les 
principaux dirigeants du monde ont ouvert lundi la conférence 
climat de Paris par des appels à un accord sur la réduction des 
émissions de gaz à effet de serre, que François Hollande a de 
nouveau souhaité "contraignant". 
    La 21e conférence des signataires de la convention des 
Nations unies sur les changements climatiques est considérée 
comme une des dernières chances de mettre l'économie mondiale 
sur la voie d'une économie sobre en énergies fossiles, avant que 
le réchauffement de la planète ne devienne catastrophique. 
    L'enjeu de la COP21 est de faire en sorte que ce 
réchauffement reste inférieur à 2°C en 2100, un objectif encore 
loin d'être acquis, même s'il fait pratiquement consensus. 
    "Les bons sentiments, les déclarations d'intention ne 
suffiront pas. Nous sommes au bord d'un point de rupture", a 
lancé le président français à quelque 150 chefs d'Etat et de 
gouvernement, pour la plupart arrivés au Bourget, sur le site de 
la COP21, aux premières heures de la matinée. 
    Il a invité les négociateurs des 195 pays participants, à 
pied d'oeuvre depuis dimanche, et leurs ministres de tutelle, 
qui devront sceller un compromis la semaine prochaine, à 
conclure un accord "universel, différencié et contraignant". 
    Universel parce qu'il devra concerner tous les pays, quel 
que soit leur degré de développement, contrairement au protocole 
de Kyoto auquel il doit succéder, et différencié, pour tenir 
compte précisément de leurs différentes situations. 
    A ce titre, François Hollande a demandé aux pays développés, 
qui ont émis des décennies durant le plus de gaz à effet de 
serre (GES), d'"assumer leurs responsabilités historiques", un 
message à l'adresse des pays émergents et en développement 
repris au bond par Barack Obama. 
             
    STATUT JURIDIQUE INCERTAIN 
    "Je suis venu en tant que leader de la première économie 
mondiale et du deuxième pays émetteur pour dire que les 
Etats-Unis, non seulement reconnaissent leur rôle dans la 
création de ce problème mais que nous prendrons notre 
responsabilité dans sa solution", a déclaré à la tribune le 
président américain.  
    Le statut juridique du futur accord est un des points les 
plus délicats. La chancelière allemande, Angela Merkel, a appuyé 
l'idée d'un "cadre" et de mécanismes de révision contraignants.  
    Barack Obama s'est pour sa part abstenu de réaffirmer les 
réserves traditionnelles des Etats-Unis vis-à-vis d'un texte qui 
serait "juridiquement contraignant".  
    Mais il a plaidé pour une stratégie à long terme et dit sa 
foi dans le progrès technologique. 
    "Si nous mettons en place les règles et les incitations 
adéquates, nous libérerons la puissance créatrice de nos 
meilleurs scientifiques, ingénieurs et entepreneurs pour 
développer des technologies propres", a-t-il dit. 
    Ceux qui lui ont succédé, dont le chinois Xi Jinping et le 
russe Vladimir Poutine, ont soutenu les objectifs de la COP21 
mais également défendu leur politique de développement des 
énergies renouvelables ou de réduction des GES. 
    Vladimir Poutine était arrivé en retard et a raté la 
traditionnelle photo de famille, ce qui lui a permis d'éviter de 
côtoyer à cette occasion le président turc Recep Tayyip Erdogan, 
avec qui les relations sont tendues depuis qu'un avion de combat 
russe a été abattu par l'aviation d'Ankara. 
     
    MODI VEUT POUVOIR DEVELOPPER L'INDE 
    Quant au Premier ministre indien, Narendra Modi, dont le 
pays détient une des clefs de l'issue de la COP21, il a assuré 
François Hollande, lors d'un entretien bilatéral, qu'il était 
venu porter un "message de succès", tout en insistant sur la 
nécessité de laisser son pays se développer. 
    "Les (pays) prospères gardent une forte empreinte carbone et 
les milliards de personnes qui sont dans le monde tout en bas de 
l'échelle du développement cherchent un espace pour croître", 
a-t-il dit dans son discours. "La justice climatique exige que 
dans le peu de marge que nous avons, les pays en développement 
devraient avoir la possibilité de croître." 
    Le rassemblement de 152 chefs d'Etat et de gouvernement en 
un même lieu, le même jour, est d'autant plus exceptionnel qu'il 
intervient après les attentats du 13 novembre à Paris, auxquels 
les orateurs ont pratiquement tous fait référence. 
    Avant de prendre l'un après l'autre la parole, ils ont 
observé une minute de silence à la mémoire des 130 personnes 
tuées lors de ces attentats, dont l'organisateur présumé a été 
abattu le 13 novembre à Saint-Denis, ville voisine du Bourget. 
    "Ces événements tragiques nous affligent mais en même temps 
nous obligent", a dit François Hollande.  
 
 (Avec Alister Doyle, édité par Yves Clarisse) 
 
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