Climat: La coalition Merkel s'entend sur un plan moins ambitieux

le
0
    par Markus Wacket 
    BERLIN, 11 novembre (Reuters) - La coalition au pouvoir en 
Allemagne s'est entendue sur un plan de réduction des émissions 
de dioxyde de carbone qui abaisse les objectifs fixés à 
l'industrie et au secteur de l'énergie, selon le document 
définitif que Reuters s'est procuré vendredi. 
    "L'objectif est de réduire d'ici 2050 les émissions de gaz à 
effet de serre de 80 à 95%", a annoncé le porte-parole du 
gouvernement, Georg Streiter, ajoutant que l'impact et 
l'efficacité des mesures adoptées seraient régulièrement 
évalués. 
    "En particulier, les objectifs par secteur, intégrés au plan 
de protection du climat, seront soumis à un évaluation d'impact 
exhaustive", a-t-il poursuivi devant la presse, notant que ces 
objectifs pourraient être ajustés en 2018. 
    Dans sa version définitive, le plan d'action pour le climat 
du gouvernement allemand, mise en oeuvre de l'accord de Paris, 
prévoit que le secteur industriel devra réduire d'ici 2030 de 
20% seulement ses émissions de CO2 par rapport aux données de 
2014. Dans une précédente mouture, l'objectif était de 30%. 
    Les objectifs pour les centrales électriques sont également 
réduits par rapport à des versions de travail du plan d'action. 
    Il n'appelle pas non plus à un prix plancher pour les 
certificats de pollution dans le cadre du système de l'Union 
européenne d'échange de quotas d'émissions de carbone mais 
réclame simplement que ce système soit plus efficace. 
    L'accord met fin à des semaines de tensions entre les 
chrétiens démocrates d'Angela Merkel et leurs partenaires de 
coalition, les sociaux démocrates du SPD qui ont mis leur veto à 
une version plus ambitieuse. 
     
    CONCILIER PROTECTION DU CLIMAT ET SÉCURITÉ DES EMPLOIS 
    Le plan devrait être présenté la semaine prochaine par la 
ministre de l'Environnement, Barbara Hendricks, à la conférence 
de Marrakech sur le climat, la COP22, qui doit mettre en 
application l'accord trouvé il y a un an à Paris pour tenter de 
limiter d'ici la fin du siècle le relèvement des températures 
"bien en dessous des 2°C" par rapport aux niveaux 
pré-industriels. 
    Dans l'opposition, les écologistes ont fustigé cette 
révision à la baisse des ambitions initiales. "Ce plan de 
protection du climat demeure un simple squelette", a dénoncé 
Anton Hofreiter, du parti des Verts, regrettant que l'Allemagne, 
qui s'est longtemps considérée comme un pionnier de la lutte 
contre le réchauffement climatique, soit "sortie de route". 
    "Il nous faut un gouvernement qui prenne au sérieux la 
protection du climat au lieu de se contenter de le prétendre 
dans des réunions internationales", a-t-il ajouté. "Ce 
gouvernement a peur de s'attaquer à des questions comme 
l'accroissement des véhicules à zéro émission sur les routes ou 
la fermeture des centrales électriques au charbon." 
    Au nom de la défense, le vice-chancelier et ministre de 
l'Economie, Sigmar Gabriel (SPD), a expliqué qu'il était 
important de concilier l'agenda climat et la prise en compte de 
la modernisation, de la croissance économique et de la sécurité 
de l'emploi. 
    "La seule manière d'obtenir que d'autres pays suivent nos 
objectifs ambitieux de protection du climat est de combiner 
protection du climat et maintien des emplois industriels", 
a-t-il dit. 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant