Climat: Kerry espère faire revenir Trump sur ses positions

le , mis à jour à 22:20
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Le secrétaire d'Etat américain John Kerry à Marrakech, le 16 novembre 2016 ( POOL/AFP / Mark RALSTON )
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry à Marrakech, le 16 novembre 2016 ( POOL/AFP / Mark RALSTON )

John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, soutenu par des centaines d'entreprises de son pays, a affiché mercredi à la COP22 à Marrakech sa foi dans la transition vers les énergies renouvelables, et mise sur l'économie pour faire revenir Donald Trump sur ses positions climatosceptiques.

"Le monde entier se dirige vers un avenir avec des énergies propres" et "je vois cette transformation se faire dans mon pays", a lancé cet ardent défenseur de la lutte contre le réchauffement lors d'un long discours en forme de testament.

Les énergies renouvelables étant de plus en plus compétitives, ce sont "les marchés", selon lui, qui vont orienter les choix énergétiques et climatiques des pays, à commencer par les Etats-Unis où Donald Trump vient d'être élu président.

COP 22, l'urgence d'agir
COP 22, l'urgence d'agir ( AFP / Simon MALFATTO, Sabrina BLANCHARD )

"Les Etats-Unis sont aujourd'hui en bonne voie de réaliser les objectifs internationaux qui ont été fixés", a assuré le diplomate, ajoutant ne pas penser que "cela puisse être inversé".

Depuis mardi, les dirigeants de quelque 180 pays défilent à la tribune de la COP22 pour dire leur volonté et l'urgence de mettre en oeuvre l'accord de Paris, entré en vigueur le 4 novembre.

Certains ont exprimé leur inquiétude de voir l'action mondiale freinée par des Etats-Unis qui tourneraient le dos à ce pacte, après avoir largement contribué à son apparition.

Le ministre des Affaires étrangères du Sri Lanka, Mangala Samaraweera, a dit espérer que "les engagements pris l'an dernier resteront sur les rails", et le président du Niger, Issoufou Mahamadou, a appelé à "redoubler d'efforts pour que nos enfants héritent d'un monde plus sûr".

Tout en jugeant "essentiel" le soutien des Etats-Unis, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Liu Zhenmin a prédit que ce que fera Donald Trump avec l'accord de Paris "n'impactera pas" la détermination des autres pays.

Les engagements actuels ne pourraient empêcher une hausse de plus de 3°C par rapport à l'ère pré-industrielle, un seuil synonyme d'un emballement des dérèglements climatiques (sécheresses, inondations, niveau des océans, etc).

Mais l'accord de Paris prévoit que les Etats, sur une base volontaire, rehaussent leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour limiter à 2°C l'augmentation de la température mondiale.

- Pas de place pour l'idéologie -

Le secrétaire d'Etat américain lors d'une réunion sur le climat à Marrakech, le 16 nove
Le secrétaire d'Etat américain lors d'une réunion sur le climat à Marrakech, le 16 novembre 2016 ( POOL/AFP / Mark RALSTON )

Alors que Donald Trump avait qualifié le changement climatique de "canular" pendant sa campagne, John Kerry a appelé le futur locataire de la Maison Blanche à consulter largement scientifiques et économistes et à se demander "ce qui avait persuadé le pape et les dirigeants du monde entier de prendre leurs responsabilités".

Selon lui, "personne n'a le droit de prendre des décisions affectant des milliards de personnes sur la base de la seule idéologie".

Peu avant l'intervention de John Kerry, plus de 360 entreprises, pour la plupart américaines, avaient rendu publique une lettre demandant au président élu de respecter l'accord sur le climat. DuPont, Gap, Hewlett Packard, Kellog, Hilton, Nike ou Mars font partie des signataires.

"Nous appelons (nos élus) à soutenir les investissements en faveur d'une économie bas-carbone aux Etats-Unis et à l'étranger, afin de donner plus de clarté aux décideurs financiers et de renforcer la confiance des investisseurs", y écrivent-elles.

Au nom des petits Etats insulaires, le ministre maldivien Thoriq Ibrahim a rappelé que le gouvernement avait jugé que lutter contre le réchauffement était "dans l'intérêt politique et économique des Etats-Unis", ce qui lui laisse espérer que Donald Trump "fera de même".

Parallèlement, les discussions sur l'accès aux financements (aides publiques, prêts sur les marchés) pour les pays en voie de développement ont continué mercredi, mais sans percée majeure.

Les pays du Sud exigent d'être aidés pour un développement "vert" mais aussi pour se protéger des nouvelles conditions climatiques (digues, surélévation des habitations, aide à l'irrigation, système d'alerte météo, etc).

"L'accord de Paris appelait à un équilibre entre le financement" des actions pour réduire les émissions et celles pour l'adaptation, rappelle Armelle Le Comte, de l'ONG Oxfam, mais "nous sommes encore très loin du compte".

Sur les 100 milliards de dollars annuels promis d'ici à 2020, les pays riches se sont engagés à multiplier par deux le financement des actions d'adaptation, qui s'élèvent à environ 10 milliards.

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  • ppsoft il y a 3 semaines

    Qu' importe la pertinence de ce que raconte Jerry, il s'avère que Trump a étécelui sur un programme. Kerry serait donc bien avisé de respecter davantage le système "démocratique" américain en ne cherchant pas à mettre Trump en défaut vis à vis de l'électorat.

  • l.moenne il y a 3 semaines

    Kerry est un véritable moulin a vent !

  • delapor4 il y a 3 semaines

    Le climat n'a pas attendu l'espèce humaine pour s'occuper de lui-même.

  • godardja il y a 3 semaines

    Je respecte J. Kerry mais je pense qu'il se trompe doublement : d'abord Trump ne reviendra pas sur sa position climato-sceptique, ensuite des énergies vertes compétitives vis à vis du marché, ce n'est pas pour demain.

  • guerber3 il y a 3 semaines

    Les élites proches de la sortie, se mettent à " penser "...est- ce pour préparer leur reclassement ?

  • j.doury il y a 3 semaines

    on s'occupera du climat quand le retour sur investissement sera bénéfique. pour le moment on s'en cogne.

  • laniakea il y a 3 semaines

    "Tout en jugeant "essentiel" le soutien des Etats-Unis, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Liu Zhenmin a prédit que ce que fera Donald Trump avec l'accord de Paris "n'impactera pas" la détermination des autres pays." On voit que Trump n'impressionne pas la Chine...

  • yves288 il y a 3 semaines

    si les usa dénoncent l'accord de Paris alors les Chinois s'en dégageront aussi les incantations de Kerry n'y feront rien au fait ont ils lu que l'AIE prévoir une hausse de la consommation de carburants fossiles d'ici à 2040 COP ou pas COP !!!!L'exemple de l'Allemagne montre que la transition vers les EnR est un fiasco absolu : hausse vertigineuse des tarifs, précarité énergétique et baisse insignifiante des émissions de CO2 !!!!

  • dupon666 il y a 3 semaines

    si les US et les russes font un bras d'honneur à la cop21,je ne vois pas bien qui pourra les en empecher..