Climat: Kerry à Marrakech pour rassurer les pays de la COP22

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    par Yeganeh Torbati 
    MARRAKECH, Maroc, 16 novembre (Reuters) - John Kerry est 
arrivé à Marrakech avec pour mission de rassurer les 
représentants des quelque 200 pays participant à la COP22 
inquiets de la promesse faite par Donald Trump à ses électeurs 
de sortir les Etats-Unis de l'accord sur la lutte contre les 
changements climatiques. 
    Le secrétaire d'Etat américain a prévu de s'exprimer 
mercredi devant l'assemblée plénière des délégués afin de 
rappeler la nature et les raisons du "profond engagement" des 
Américain dans la réduction des émissions de gaz à effet de 
serre. 
    "Je ne peux pas parler pour la prochaine administration, 
a-t-il reconnu mardi, mais je sais que le peuple américain 
soutient cela d'une manière très large." 
    Pour le président élu des Etats-Unis, le réchauffement 
climatique est un canular qui justifie un retrait de l'accord de 
Paris conclu lors de la COP21 en décembre 2015. 
    Donald Trump estime que le contribuable américain n'a pas à 
financer les programmes internationaux de réduction des 
émissions de CO2 et est favorable à la relance de l'exploitation 
charbonnière dans la "rust belt" (la ceinture de rouille), 
région touchée par la désindustrialisation. 
    S'il met en oeuvre ses promesses, le futur président 
américain hypothèquera l'héritage de son prédécesseur Barack 
Obama dont l'engagement en faveur du climat a été une des 
priorités politiques sur le plan intérieur et dans les relations 
internationales. 
    Une source au sein de l'équipe Trump a indiqué cette semaine 
que ce dernier cherchait un moyen rapide de contourner les 
engagements pris par son pays dans le cadre de l'accord de 
Paris. 
     
    INCERTITUDE 
    Le protocole est entré en vigueur le 4 novembre, soit quatre 
jours avant la présidentielle américaine, ayant obtenu à cette 
date l'engagement d'un nombre suffisant d'Etats signataires. 
    Les Etats-Unis et la Chine ont travaillé en étroite 
concertation pour parvenir à l'accord de Paris et cette 
collaboration entre les deux plus gros pollueurs mondiaux a 
convaincu d'autres pays de participer à l'effort collectif. 
    L'accord prévoit de limiter d'ici 2050 les émissions de gaz 
à effet de serre afin que le réchauffement climatique soit 
""nettement en-dessous de 2°C" en 2100 par rapport à l'époque 
pré-industrielle. 
    Pour l'instant, les intentions de Donald Trump en ce domaine 
demeurent marquées du sceau de l'incertitude, le futur président 
des Etats-Unis ayant fait des déclarations sur d'autres sujets. 
Pour ne rien arranger, il estime qu'être imprévisible est un 
atout dans les négociations internationales. 
    Lors d'un débat contre son adversaire démocrate Hillary 
Clinton pendant la campagne, Donald Trump a nié avoir dit que le 
réchauffement climatique était un canular dont la Chine était 
responsable. Cette affirmation figure pourtant dans plusieurs de 
ces discours et de ses commentaires sur son compte Twitter. 
    La France et les Nations unies sont intervenues mardi pour 
mettre en garde Trump contre les risques induits par un retrait 
des Etats-Unis de l'accord de Paris, rappelant que la transition 
énergétique réduisant la part des énergies fossiles était 
inarrêtable. 
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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