Climat: "espoir" et appels à agir, face à l'incertitude américaine

le , mis à jour à 21:04
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Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à la Conférence sur le climat de Marrakech le 14 novembre 2016 ( AFP / FADEL SENNA )
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à la Conférence sur le climat de Marrakech le 14 novembre 2016 ( AFP / FADEL SENNA )

Le chef de l'ONU a lancé un vibrant appel à renforcer la lutte contre le réchauffement climatique aux chefs d'Etat réunis mardi à Marrakech, mais aussi au futur président américain Donald Trump, dans tous les esprits depuis le début de la COP22.

Ban Ki-moon, qui assistait à sa 10e et dernière conférence sur le climat, a "appelé tous les pays à renforcer leurs ambitions" en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

"Nous n'avons pas le droit de jouer avec le sort des générations futures ou de mettre en péril la survie des autres espèces qui partagent notre planète", a-t-il martelé, en ouverture de la réunion des chefs d'Etat ou de gouvernement.

Le secrétaire général des Nations unies avait auparavant exprimé, devant la presse, son "espoir" que Donald Trump "comprenne l'urgence de l'action sur le climat".

Devant ses homologues, le président français François Hollande a appelé les Etats-Unis à "respecter les engagements" pris dans le cadre de l'accord de Paris scellé fin 2015.

Le ministre omanais des Affaires étrangères  Yusuf bin Alawi bin Abdullah et le Secrétaire d'&eacut
Le ministre omanais des Affaires étrangères Yusuf bin Alawi bin Abdullah et le Secrétaire d'état américain John Kerry kle 14 novembre 2016 à Muscat ( POOL/AFP / Mark RALSTON )

"Ce n'est pas simplement leur devoir, c'est leur intérêt, celui de la population américaine", a-t-il dit à la tribune, très applaudi, sous le regard de Laurent Fabius, l'ancien ministre des Affaires étrangères, qui présida la COP21 dans la capitale française.

Quelque 80 chefs d'Etat ou de gouvernement avaient fait le déplacement mardi à la 22e conférence sur le climat de l'ONU, une semaine après l'élection du très climato-sceptique Donald Trump.

Parmi eux, la présidente chilienne Michelle Bachelet, les émirs du Koweit et du Qatar et de nombreux Africains, accueillis par M. Ban et par le roi du Maroc Mohammed VI.

Des forces de sécurité sur le site de la COP22, le 9 novembre 2016 à Marrakech
Des forces de sécurité sur le site de la COP22, le 9 novembre 2016 à Marrakech ( AFP/Archives / FADEL SENNA )

Le réchauffement est "le plus grand défi de notre temps et nous attendons que les Etats-Unis continuent à conduire" ce combat, a exhorté Taneti Maamau, président de Kiribati, archipel du Pacifique menacé par l'élévation des océans.

"Nous sommes à un carrefour et nous ne pouvons revenir en arrière", a prévenu le président des Seychelles, Danny Rollen Faure: "le changement climatique affecte tout le monde, de Marrakech à Miami, de Port Victoria à Paris".

- 'zone de danger' -

Mercredi, le secrétaire d'Etat américain John Kerry prononcera un "discours soulignant l'urgence de l'action climatique", selon son entourage.

Donald Trump, qui pendant sa campagne avait qualifié le réchauffement de "canular" et de complot chinois, puis promis d'"annuler" l'accord de Paris et de relancer la production américaine de charbon, n'a encore rien dit sur ce thème depuis son élection.

Son élection surprise, au deuxième jour de la COP22, a plongé dans la stupeur ses participants, qui attendent de voir ce que le républicain compte faire.

Pour le moment, 110 Etats, dont les Etats-Unis, la Chine, l'Union européenne, l'Inde et le Japon, ont ratifié l'accord qui a vu la communauté internationale s'engager à réduire ses émissions de GES (issues pour l'essentiel des énergies fossiles : gaz, pétrole, charbon).

Phénomènes météo extrêmes en 2016
Phénomènes météo extrêmes en 2016 ( AFP / Sophie RAMIS, Thomas SAINT-CRICQ, Iris de Véricourt )

Une dizaine, dont l'Australie, l'ont fait depuis la désignation de Donald Trump.

Parmi les grands émetteurs, la Russie manque encore à l'appel.

La communauté internationale s'est engagée à contenir "bien en deçà de 2°C" la hausse du réchauffement, susceptible, au-delà, de générer des degâts irréversibles sur les hommes et les écosystèmes.

Mais les engagements actuels, pris par les Etats, "ne nous sortent pas de la zone de danger", a souligné M. Ban.

Pour cela, les "émissions mondiales devront atteindre leur pic d'ici à 2020, puis décliner rapidement", a-t-il rappelé, appelant notamment à "l'élimination des subventions aux énergies fossiles pour accélérer la transition vers des énergies propres".

Des manifestants contre le réchauffement climatique à Marrakech le 13 novembre 2016
Des manifestants contre le réchauffement climatique à Marrakech le 13 novembre 2016 ( AFP/Archives / FADEL SENNA )

Ces subventions (allègements fiscaux, soutiens à l'activité pétrolière, etc.) dépassent annuellement 500 milliards de dollars (2010), selon l'OCDE et l'Agence internationale de l'énergie.

A Marrakech jusqu'à vendredi, les délégations tentent d'avancer sur les procédures permettant de suivre et de renforcer les engagements nationaux.

Pays développés et en développement doivent en outre s'accorder sur la "feuille de route" garantissant que les premiers verseront bien aux seconds l'aide promise pour soutenir leurs politiques climatiques.

Au diapason de ses collègues africains, le Sénégalais Macky Sall a appelé à "la clarification des modalités de financement" et à "la simplification de la procédure d'accès au Fonds vert" sur le climat.

Une réunion ministérielle sera consacrée mercredi à cette question des financements, centrale dans les négociations climatiques.

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  • manu331 il y a 3 semaines

    La pollution reste le problème numéro 1 qui étonnamment préoccupe moins nos "élites". Un réchauffement que nous avons déjà connu maintes fois par le passé n'est pas catastrophique au contraire d'un refroidissement. Donc ?

  • Berg690 il y a 4 semaines

    mlaure13 c'est dans quel film?

  • dan197 il y a 4 semaines

    L'on ne lutte pas contre un réchauffement "naturelle" ,mais l'on s'adapte, je le dis tout simplement car la politique n'y peut rien !!

  • mlaure13 il y a 4 semaines

    on peut penser, au regard de nos sociétés sclérosées et du changement climatique mortifère et imparable, que le rideau va tomber définitivement sur le dernier acte de l'humanité...courage mes frères, encore qqs petites décennies, et la fin de la farce sera jouée...On retiendra de cette vaste comédie humaine, que l'homme, avec sa soit disant intelligence, aura été la forme de vie la plus courte depuis la naissance de notre monde...Hal Elujah ou Inch Allah...;-(((

  • dotcom1 il y a 4 semaines

    Le Global Carbon Projet, qui réunit des scientifiques du monde entier, a annoncé que les émissions de gaz à effet de serre issues des énergies fossiles sont pratiquement stables depuis 2014, dans une étude présentée lundi en marge de la conférence sur le climat de Marrakech. Voilà un vrai "espoir" au lieu de geindre sans cesse sur le futur.

  • M7403983 il y a 4 semaines

    Toute cette jet set de politicards qui se pavanent de discours en discours à travers le monde .... Si l'eau monte, pour moi, c'est la moutarde qui me monte au nez !!!!!

  • restif1 il y a 4 semaines

    On a calculé l'empreinte carbone des participants venus en avion privé, logés dans les hôtels de luxe avec secrétaires, conseillers et copines? La SNCF me le calcule à chaque fois pour mes petits déplacements en 2e classe

  • soulamer il y a 4 semaines

    il y a tellement de dégâts écologiques dans le monde on devrait d'abord en faire la liste..le détournement des rivières et des fleuves aux états unis par exemple

  • soulamer il y a 4 semaines

    On a dit 1000 fois que l'accord n'etait pas contraignant ...après avoir célébrer Royal et le gouvernement les journaleux incompétents le comprennent apres l'avoir encensé. Trump n'est pas stupide

  • MIKE3000 il y a 4 semaines

    Dans le de la pollution, il va falloir mettre les volcans sur off!