Climat-Controverse à Lima sur le processus de vérification

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LIMA, 9 décembre (Reuters) - L'Union européenne insiste pour que les Etats signataires de l'accord sur la lutte contre le réchauffement qui doit être conclu à Paris en décembre 2015 aient un droit de regard les uns sur les autres en ce qui concerne les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), ce qui a provoqué une controverse lundi à la conférence de Lima sur le climat. Les Etats-Unis considèrent que ce point n'est "pas fondamental" tandis que la Chine s'oppose à toute ingérence étrangère dans ses affaires intérieures. La controverse pourrait être lourde de conséquences sur la portée de l'accord de Paris, qui a pour objectif de lutter contre les changements climatiques après 2020. Dans un cas, il s'agirait seulement d'un ensemble de promesses nationales et, dans l'autre, d'engagements vérifiables et contestables. "Il doit y avoir un processus de vérification. C'est absolument impératif", a déclaré Miguel Arias Canete, commissaire européen à l'énergie et au climat, lors d'une conférence de presse. Selon le calendrier de l'Onu, les Etats membres doivent remettre leurs objectifs de réduction des GES avant le 31 mars 2015 pour permettre leur examen avant le sommet de Paris. L'UE, qui s'est fixée en octobre pour objectif de réduire ses émissions de 40% d'ici 2030, juge que cette date-butoir informelle n'a de sens que si les Etats ont un droit de regard les uns sur les autres. Vendredi dernier, Pékin a en revanche exigé que toutes les références à ce processus de vérification soient rayées. Or, il figure toujours dans la nouvelle version du projet publiée lundi. Le texte exige notamment que les Etats signataires répondent dans les quatre semaines aux questions sur leurs objectifs de réduction des émissions de GES. Washington a opté pour le compromis, jugeant que l'essentiel était d'encourager l'adoption d'objectifs ambitieux. "Les Etats-Unis sont tout à fait ravis d'avoir un processus consultatif", a assuré Todd Stern, chef de la délégation américaine à Lima. En cas de critiques, "il doit être possible qu'un pays x, y ou z modifie sa contribution d'une façon ou d'une autre. Ce n'est pas fondamental", a-t-il ajouté. (Valerie Volcovici et Marcelo Teixeira, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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