Climat-Accord international sur la réduction des gaz HFC

le , mis à jour à 09:19
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    par Clement Uwiringiyimana 
    KIGALI, 15 octobre (Reuters) - Etape majeure dans la lutte 
contre le changement climatique, près de 200 pays réunis au 
Rwanda ont approuvé samedi à Kigali un accord de réduction des 
gaz hydrofluorocarbures (HFC), qu'on trouve dans les 
réfrigérateurs ou les climatiseurs et qui jouent un rôle 
important sur l'effet de serre.  
    Le texte, soutenu par les Etats-Unis et la Chine, les deux 
premiers pays pollueurs de la planète, divise les pays en trois 
groupes en fonction de la date à laquelle ils devront réduire 
l'usage de ces gaz industriels dont la contribution à l'effet de 
serre peut être 10.000 fois plus puissante que le dioxyde de 
carbone. 
    L'accord a été annoncé au lever du jour par le ministre 
rwandais des Ressources naturelles, Vincent Biruta, sous les 
applaudissements des négociateurs qui ont passé la nuit à 
l'élaborer mot après mot.   
    "C'est un immense pas en avant", a déclaré le secrétaire 
d'Etat américain John Kerry, présent vendredi soir à Kigali.  
    Les pays développés, comprenant les Etats-Unis et la plupart 
des pays d'Europe, s'engagent à diminuer l'usage des gaz HFC de 
10% d'ici 2019 et de 85% d'ici 2036. Beaucoup de ces pays ont 
déjà commencé.   
    Les deuxième et troisième groupes, représentant les pays en 
développement, devront geler leur utilisation des HFC d'ici 2024 
ou 2028, avant de réduire progressivement leur consommation. 
    L'Inde, l'Iran, l'Irak, le Pakistan et les pays du Golfe, 
qui appartiennent au dernier groupe, ont fait valoir qu'ils 
devaient faire face à des climats chauds et à une forte 
expansion des classes moyennes. On estime qu'environ 1,6 
milliard de climatiseurs seront construits dans le monde d'ici 
2050, sous l'effet d'une demande croissante des classes moyennes 
en Asie, en Amérique latine et en Afrique.  
     
    PROTOCOLE DE MONTRÉAL 
    Cet accord approuvé par 197 pays s'ajoute à l'entrée en 
vigueur, le mois prochain, de l'accord de Paris sur la lutte 
contre le réchauffement, qui a passé les seuils nécessaires de 
ratification début octobre.   
    "L'an dernier à Paris, nous avons promis de protéger le 
monde des pires effets du changement climatique. Aujourd'hui, 
nous faisons suite à cette promesse", a déclaré le directeur du 
Programme des Nations unies pour l'environnement, Erik Solheim. 
    Contrairement à l'accord de la COP21, le texte est 
légalement contraignant, fixe des calendriers et engage les pays 
riches à aider les pays pauvres à adapter leurs technologies.  
    Selon les Nations unies, la disparition progressive des gaz 
HFC coûtera des milliards de dollars.  
    Mais une réduction rapide de ces gaz industriels pourrait 
contribuer fortement à freiner le changement climatique, 
estiment les scientifiques, en épargnant à la planète une hausse 
de 0,5 degré Celsius sur l'augmentation prévue de la température 
moyenne du globe d'ici 2100. 
    Les négociations sur les gaz HFC se sont appuyées sur le 
protocole de Montréal de 1987, qui a permis la disparition 
progressive des chlorofluorocarbones (CFC), largement utilisés à 
l'époque dans la réfrigération ou les aérosols.  
    L'objectif était alors de stopper la diminution de la couche 
d'ozone, qui protège la Terre du rayonnement ultraviolet. 
 
 (Avec Katharine Houreld; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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