Clermont : Azéma, la victoire ou rien

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Clermont : Azéma, la victoire ou rien
Clermont : Azéma, la victoire ou rien

Les Clermontois affronteront le Stade Français en finale de Top 14 samedi. L'occasion pour leur entraîneur, Franck Azéma, qui a assumé cette saison la difficile succession de Vern Cotter, de montrer qu'il est l'homme de la situation... ou de confirmer le statut de magnifique perdant du club auvergnat.

« Tout le monde me dit que c'est beau deux finales en une saison, mais ce qui reste sur le palmarès, ce sont les titres », déclarait Franck Azéma après la victoire des siens contre le Stade Toulousain, samedi en demi-finale (18-14). Celui qui a pris la succession de Vern Cotter, parti avec la sélection écossaise, a tout de suite imposé sa patte sur le vestiaire jaunard. Cette année, Azéma est à l’origine d’un nouveau style de jeu, plus fluide et plus rapide dans les enchaînements. « Je vois une équipe meilleure dans l'alternance, analysait le technicien toulousain Jean-Baptiste Elissalde avant la demie. Ils peuvent enchaîner différentes formes de jeu bien maîtrisées. »

Eliminer le poids du passé

Ce nouveau cycle, Azéma l’a initié en intégrant Jono Gibbes au staff clermontois. Le Néo-Zélandais est un habitué de la gagne (trois titres européens avec le Leinster), un facteur primordial pour l’ancien Perpignanais qui veut en finir avec cette histoire de défaites clermontoises (dix revers en onze finales de Top 14). Jono Gibbes, qui vient d’être prolongé jusqu’en 2018, tout comme Azéma, a apporté expérience et culture de la gagne. Discret, il s’est tout de suite fondu dans le collectif clermontois. Avant la finale européenne perdue face à Toulon, Benjamin Kayser avait confié que le Néo-Zélandais avait permis « d’éliminer le poids des défaites du passé ». Une bonne chose pour Franck Azéma pour qui le titre est le seul objectif : « Aller directement en demi-finales, ce n’est pas une fin en soi. Si c’est juste ça l’objectif... »

Des choix forts

Mais si Azéma a renoué avec la finale, la première pour Clermont depuis le sacre de 2010, c’est aussi et surtout grâce à ses choix. La fameuse politique « de l’homme en forme » qui l’a vu écarter des cadres du groupe comme Julien Bonnaire, Vincent Debaty ou encore Napolioni Nalaga lors du match contre Toulouse. « J’ai entendu que c’était suicidaire, a-t-il déclaré après la demi-finale. Le propre de l’entraîneur c’est qu’il est le plus au contact des joueurs et du groupe. On ne peut pas savoir à ma place comment ils sont physiquement et mentalement. »

Une pratique facilitée par la profondeur de l’effectif clermontois qui a doublé, voire triplé les postes. Malgré les blessures de Jonathan Davies ou de Jamie Cudmore, forfait pour la finale, l’entraîneur clermontois pourra compter sur un groupe solidaire et bien dans sa peau. Avant la demi-finale, Franck Azéma avait décidé d’isoler ses joueurs pour mieux préparer le match. Une mise au vert en Haute-Loire, à Chambon-sur-Lignon, qui a resserré les liens du groupe. Une expérience renouvelée cette semaine avant, pourquoi pas, d’obtenir le même résultat face au Stade Français, samedi.

Yannick O'Connor

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