Claude Le Roy : "Il faut comprendre le pays dans lequel on travaille"

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Claude Le Roy : "Il faut comprendre le pays dans lequel on travaille"
Claude Le Roy : "Il faut comprendre le pays dans lequel on travaille"

On l'appelle le Sorcier Blanc. Claude Le Roy, actuel sélectionneur du Togo, a entraîné neuf équipes nationales différentes. Plus qu'un technicien, découverte d'un humaniste, amoureux de l'Afrique et des Africains.

Claude, pourquoi l'Afrique ?
Ça vient de très loin, d'une culture politique familiale. Mon père s'est battu pour l'indépendance de l'Algérie et pour toutes les indépendances, quasiment au risque de sa vie. Il était pro-Lumumba. J'ai vu défiler chez moi de grands leaders politiques. J'ai été concerné, petit, par les questions d'indépendance. Et puis, lorsque je suis devenu professionnel, j'ai joué avec beaucoup de footballeurs d'origine africaine, mais surtout, dès 71, on est partis avec Ajaccio aider le Congo à se préparer pour la Coupe d'Afrique des nations 72. François Mpelé, Balékita étaient des coéquipiers à Ajaccio et allaient devenir champions d'Afrique quelques semaines plus tard avec les Diables rouges du Congo. C'était déjà un signe. Et puis en 1985, j'ai eu un clash avec Marc Braillon à Grenoble. Albert Batteux vivait là-bas, j'étais très proche de lui, c'était mon ami, et malgré la différence d'âge, il était ma référence footballistique. Il m'a appelé un jour : "Tu ne voudrais pas aller au Cameroun. Le président de la République nous a demandé de chercher un jeune sélectionneur. Quelqu'un avec des compétences sportives et intellectuelles pour mener un combat." Voilà comment j'ai atterri au Cameroun.

Vous aviez peur avant de débarquer au Cameroun ?
« J'ai été marqué au fer rouge par ce continent auquel je dois beaucoup. »
Je n'ai jamais eu peur. C'est un sentiment que je ne connais pas. Je suis arrivé le 17 mai 85, la veille de l'anniversaire de la fête nationale. On a annoncé que j'étais sélectionneur avant même d'avoir discuté de mon contrat. J'ai été obligé de faire une conférence de presse pour expliquer pourquoi j'étais sélectionneur, alors que je n'avais encore rien signé. C'était un peu ubuesque, surréaliste. Mais personne ne voulait de moi au Cameroun parce que j'étais un petit blanc-bec qui arrivait avec aucune expérience. On ne comprenait pas qu'on ait laissé cette équipe, patrimoine national, à un si jeune entraîneur. Il a fallu que je bosse et les résultats sont venus très vite. On n'a plus perdu de match pendant trois ans. On a tout gagné et ça a été une…


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