Claude Halmos, psychanalyste : « Ça donne envie de se battre »

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Claude Halmos, psychanalyste : « Ça donne envie de se battre »
Claude Halmos, psychanalyste : « Ça donne envie de se battre »

Claude Halmos est notamment l'auteur de « Savoir être, une psychanalyste à l'écoute des êtres et de la société » (Ed. Fayard).

L'enfant du couple assassiné à Magnanville a été retrouvé en état de sidération, qu'est-ce que ça signifie ?

CLAUDE HALMOS. Cet enfant a vécu l'une des choses les plus abominables que puissent vivre un être humain : la mort par homicide d'une des personnes les plus importantes de sa vie, juste à côté de lui. Projeté dans une scène de cauchemar, il est resté tétanisé. Une douleur extrême n'est pas possible à supporter pour le psychisme humain. On voit la même chose lors des massacres ou dans des guerres. La façon de se protéger en partie, c'est de fuir dans sa tête. On vit l'événement, mais on débranche la conscience pour ne pas qu'elle explose.

Que renvoie une telle attaque terroriste à la société ?

Moi-même qui ai vu beaucoup d'enfants qui ont vécu des choses atroces, lorsque je prends connaissance d'une telle tragédie, ça me donne envie de pleurer. J'imagine que beaucoup de gens sont comme moi. Mais ça donne envie de se battre aussi. Il faut résister à cette barbarie et défendre nos valeurs et l'éducation des enfants. Pour que Daech recrute des gens et en fasse des assassins, il faut une histoire personnelle d'une part, mais il faut aussi un monde où ils sont perdus. Il y a donc une responsabilité de notre société.

Existe-t-il un traumatisme collectif ?

C'est plus compliqué que ça. Il y a un avant et un après les attentats. Avant, on y vivait dans un sentiment de sécurité relative qui a volé en éclat. Maintenant, les bombes, les assassinats, les kalachnikovs sont à nos portes. Il faut apprendre à vivre avec. Nous, les psys, d'habitude on traite des fantasmes, là on a affaire à une réalité, à des dangers réels. Ça ne sert à rien de mettre ses mains devant ses yeux pour cacher le problème, on ne peut pas faire disparaître une réalité. Il faut ...

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