Clapper qualifie la Russie de "cybermenace majeure" pour les USA

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    WASHINGTON, 5 janvier (Reuters) - La Russie constitue une 
menace majeure pour toute une série d'intérêts des Etats-Unis en 
raison de "son programme d'attaque informatique hautement 
sophistiqué", estiment plusieurs responsables de la communauté 
du renseignement américain auditionnés jeudi au Sénat. 
    Cette estimation est contenue dans un document commun établi 
par James Clapper, directeur du renseignement national, Marcel 
Lettre, sous-secrétaire à la Défense pour le renseignement, et 
l'amiral Michael Rogers, directeur de l'Agence nationale de 
sécurité (NSA). 
    "La Russie est un acteur cybernétique à part entière qui 
pose une menace majeure au gouvernement, à l'armée, à la 
diplomatie et aux infrastructures commerciales et stratégiques 
américaines", affirment les trois responsables dans ce document 
qui servait de base à leur audition devant la Commission des 
forces armées du Sénat américain. 
    S'exprimant ensuite devant les sénateurs, James Clapper a 
indiqué avoir reçu de "nombreux témoignages" d'inquiétude de la 
part de gouvernements étrangers, provoquée par les critiques 
dévalorisantes adressées à la communauté du renseignement. 
    Cette question de la menace que représente la Russie dans le 
domaine informatique s'est installée au centre du débat 
politique aux Etats-Unis depuis le piratage des serveurs du 
Comité national du Parti démocrate (DNC) lors de la campagne 
présidentielle américaine. 
    Dans un premier rapport en décembre, la CIA estimait que des 
pirates informatiques proches des services de sécurité russes 
étaient responsables de ces intrusions et avaient eu notamment 
accès à la messagerie électronique de John Podesta, le président 
de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton. 
    Ces attaques informatiques étaient, selon la CIA, destinées 
à diffuser ensuite à la presse, via le site WikiLeaks de Julian 
Assange, des informations embarrassantes pour la candidate 
démocrate et favoriser ainsi son adversaire républicain Donald 
Trump. 
    Ces évaluations de l'agence centrale du renseignement ont 
ensuite été corroborées par d'autres rapports d'organismes 
fédéraux, dont le FBI. 
     
    LES SARCASMES DE DONALD TRUMP 
    Face à cette ingérence, Barack Obama a pris des mesures de 
rétorsion, ordonnant notamment fin décembre l'expulsion de 35 
diplomates russes en poste aux Etats-Unis. 
    Cette décision, a expliqué James Clapper, reflétait "une 
position de consensus entre les agences" fédérales américaines. 
Le patron du renseignement américain a par ailleurs estimé que 
Julian Assange avait mis en danger la vie de ressortissants 
américains. 
    Cette audition de la Commission sénatoriale des forces 
armées était organisée à l'initiative de son président, le 
républicain John McCain, qui a précisé ne pas chercher à 
remettre en cause le résultat de l'élection présidentielle. 
    Donald Trump, qui doit prendre ses fonctions le 20 janvier, 
a à plusieurs reprises émis des doutes ou tenté de discréditer 
les conclusions des agences fédérales du renseignement. 
    Dans une bordée de messages sur son compte Twitter mercredi, 
le président élu a de nouveau contesté l'implication de la 
Russie dans ces "fuites" tout en accusant le Parti démocrate de 
négligence quant aux protocoles de sécurité de ses serveurs. 
    "Julian Assange (le fondateur de WikiLeaks) dit qu'un gamin 
de 14 ans aurait pu pirater Podesta. Pourquoi le DNC a-t-il été 
aussi imprudent ?" a-t-il écrit sur Twitter. 
    Trump s'est également interrogé sur cette procédure 
parlementaire, laissant entendre que les sénateurs avaient 
besoin de temps "pour monter un dossier". 
    Le futur président américain doit rencontrer vendredi James 
Clapper ainsi que le directeur de la CIA, John Brennan, et celui 
du FBI, James Comey. 
    Un de ses porte-parole a démenti jeudi des informations de 
la presse selon lesquelles il avait l'intention, une fois en 
poste, de restructurer l'ensemble de la communauté du 
renseignement. 
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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