Cinq morts dans des explosions et échanges de tirs au Burundi

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(Précision, domicile du maire, §7) NAIROBI, 22 novembre (Reuters) - Au moins cinq personnes sont mortes lors d'affrontements la nuit dernière au Burundi, a-t-on appris auprès des autorités, alors que des habitants ont signalé des coups de feu et explosions près du palais présidentiel à Bujumbura, la capitale. Un veilleur de nuit travaillant dans le quartier de Rohero, proche du palais présidentiel, a dit soupçonner des échanges de tirs entre les gardes de la présidence et des assaillants. "Il y a eu aussi des tirs de mortier", a-t-il dit. Ni les autorités burundaises, ni la police n'ont pu être contactées. La radio et la télévision d'Etat n'ont fait état d'aucune violence près du palais présidentiel. En revanche, le maire de Bujumbura, Freddy Mbonimpa, a déclaré que quatre personnes avaient été tuées dans la capitale ces dernières heures, que deux policiers avaient été blessés et 28 personnes arrêtées. Une autre personne a été tuée lors d'une fusillade dans un bar dans la province de Kirundo, frontalière avec le Rwanda, a déclaré la police. Le Burundi est secoué par des violences depuis plusieurs mois, provoquées par la décision, annoncée en avril par le président Pierre Nkurunziza, de briguer un troisième mandat, qu'il a remporté lors de la présidentielle du mois de juillet. Les 28 interpellations ont eu lieu dans le quartier de Ngagara samedi après-midi lors d'une descente de police dans un bar. Les individus appréhendés sont soupçonnés de détenir des armes, a dit Freddy Mbonimpa, qui vit dans le quartier de Rohero et a survécu à une agression à l'arme à feu à son domicile cette semaine. Des habitants ont toutefois assuré que ces jeunes gens n'étaient pas armés, qu'il s'agissait d'anciens camarades d'école qui s'étaient rassemblés pour un mariage. Dans la soirée, des manifestants sont descendus dans les rues en réclamant le départ de Pierre Nkurunziza. Les coups de feu et les explosions ont retenti ensuite, a indiqué un témoin. Les explosions, échanges de coups de feu, ou tirs de grenades sont devenus fréquents à Bujumbura. Le chef d'un putsch manqué en mai dernier, le général Leonard Ngendakumana, a déclaré que ses partisans étaient à l'origine de certaines attaques contre les forces de l'ordre, que les opposants accusent de tuer des manifestants. Selon le général Ngendakumana, le seul moyen d'obtenir le départ de Pierre Nkurunziza, dont le troisième mandat consécutif jugé illégal par l'opposition, est de recourir à la force. (George Obulutsa, Patrick Nduwimana à Bujumbura; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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