Cinq morts au deuxième jour de la trêve en Syrie

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LA TRÈVE EN SYRIE MENACÉE À LA FRONTIERE TURQUE
LA TRÈVE EN SYRIE MENACÉE À LA FRONTIERE TURQUE

par Dominic Evans

BEYROUTH (Reuters) - Cinq personnes ont trouvé la mort vendredi en Syrie où le cessez-le-feu négocié par Kofi Annan semble globalement respecté.

Quatre personnes au moins ont été tuées par les forces de sécurité lors des manifestations de faible ampleur qui ont eu lieu après la prière hebdomadaire.

D'après des opposants, les forces de sécurité étaient déployées en force dans de nombreuses villes pour empêcher la formation de rassemblements anti-Assad trop importants.

"Bachar peut bien faire risette à toute la planète, sauf au peuple syrien", pouvait-on lire sur une banderole lors d'un rassemblement dans le quartier damascène de Qadam.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et les Comités de coordination locale, une personne a été tuée dans un cortège se dirigeant sur une place de Hama (Centre).

L'armée a abattu un fidèle au sortir de la mosquée de Nawa, dans la province de Deraa (Sud). Une troisième personne a été tuée à Salkin, dans la province d'Idlib (Nord-Ouest), et une quatrième à Deraya, dans la province de Damas.

L'agence de presse officielle Sana a, par ailleurs, accusé des "terroristes" d'avoir abattu un commandant de l'armée qui rejoignait en voiture son unité. Les groupes armés cherchent à "(...) anéantir tous les efforts visant à apporter une solution politique à la crise", ajoute l'agence.

Le directeur de l'OSDH, Rami Abdoulrahman, a confirmé qu'il n'y avait pas eu de grandes manifestations anti-Assad vendredi et évalué à des dizaines de milliers le nombre total de manifestants.

Pour sa part, la communauté internationale accentue ses pressions sur le régime de Bachar al Assad pour qu'il mette en ?uvre intégralement le plan du médiateur de l'Onu et de la Ligue arabe et prévoyant notamment, en plus du cessez-le-feu, un retrait des troupes, des blindés et des armes lourdes des villes.

"LE DOIGT SUR LA GACHETTE"

Aux Nations unies, le Conseil de sécurité travaille sur un projet de résolution autorisant l'envoi d'une avant-garde d'observateurs chargés de superviser le respect de la trêve entrée en vigueur jeudi à 03h00 GMT.

Le représentant permanent de la Russie aux Nations unies a toutefois émis des critiques sur ce texte d'inspiration américaine.

"Ce genre de projet (...) n'est pas conforme avec ce que nous avions compris à l'origine, à savoir agir très rapidement aujourd'hui afin d'envoyer quelques personnes, un nombre limité de personnes", a dit Vitali Tchourkine.

La communauté internationale s'est réjouie du silence des armes en Syrie après 13 mois de violences qui ont fait, selon l'Onu, 9.000 morts. Damas affirme de son côté que les "terroristes à la solde de l'étranger" ont tué plus de 2.500 policiers et militaires.

Le plan de Kofi Annan prévoit un retrait des soldats gouvernementaux des centres urbains, des négociations avec l'opposition en vue d'une "transition politique", la libération des prisonniers politiques, l'autorisation d'accès pour les organisations humanitaires et les journalistes et le "respect de la liberté d'association et de manifester pacifiquement".

Burhan Ghalioun, président du Conseil national syrien (CNS) en exil, affirme quant à lui ne pas faire confiance aux autorités pour permettre la tenue de rassemblements après la grande prière du vendredi.

Selon lui, les soldats fidèles au pouvoir en place ont "le "doigt sur la gâchette". "Nous avons appelé les Syriens à manifester vigoureusement mais nous leur avons demandé d'être prudents parce que le régime ne respectera pas le cessez-le-feu et tirera", a-t-il déclaré à Reuters.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a estimé que la situation semblait s'apaiser en Syrie. "Le monde observe toutefois (la situation) avec scepticisme compte tenu des nombreuses promesses non tenues par le passé par le gouvernement syrien", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Genève.

Ban Ki-moon a résumé la précarité de la situation sur le terrain: "Ce cessez-le-feu est fragile. Il peut être rompu à tout moment, dès qu'un nouveau coup de feu sera tiré."

avec Michelle Nichols aux Nations unies; Pierre Sérisier et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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