Cinq milliards d'euros d'économies supplémentaires en 2014

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VERS UNE ÉCONOMIE DE 5 MILLIARDS SUPPLÉMENTAIRES SUR LE BUDGET 2014
VERS UNE ÉCONOMIE DE 5 MILLIARDS SUPPLÉMENTAIRES SUR LE BUDGET 2014

PARIS (Reuters) - Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a demandé à son gouvernement de trouver cinq milliards d'euros d'économies supplémentaires en 2014 pour boucler un budget compatible avec les objectifs de déficits publics de la France.

Le montant figure dans les lettres de cadrage envoyées vendredi à tous les ministères au moment où Paris négocie avec la Commission européenne les conditions d'un report d'un an des engagements qu'il avait pris en la matière pour 2013.

"Ces économies permettront de garantir le redressement des comptes publics tout en assurant le financement des mesures que nous avons décidées pour renforcer la compétitivité de notre économie, lutter contre le chômage et conforter la solidarité envers les plus démunis", a déclaré Jean-Marc Ayrault dans un communiqué.

Lors d'un déplacement en banlieue parisienne, François Hollande a relativisé l'ampleur de l'effort demandé, qui s'ajoute aux dix milliards d'économies annuelles sur les dépenses publiques que le gouvernement a déjà annoncées pour l'ensemble du quinquennat.

"C'est un effort que nous pouvons parfaitement consentir", a dit le chef de l'Etat en se refusant une nouvelle fois à parler d'austérité.

"L'austérité, ce serait quoi? Ce serait d'amputer le pouvoir d'achat, de réduire le service public, de supprimer des prestations et en réalité d'affaiblir la croissance. Or moi, ce que je veux c'est qu'il y ait de l'activité économique, de la croissance en même temps que les efforts nécessaires pour réduire les déficits", a-t-il dit.

Les lettres de cadrage marquent le lancement de la préparation du projet de budget 2014 qui, comme pour celui de 2013, sera compliquée par un environnement économique déprimé.

La prévision de croissance de 0,8% du PIB de la France retenue par le gouvernement pour le budget 2013 est d'ores et déjà caduque et celle de 2% prévue pour 2014 dans la loi de programmation des finances publiques 2012-2017 devra être de même sérieusement revue à la baisse.

MESURES NON FINANCÉES

La Commission européenne a indiqué en février qu'elle tablait pour la France sur 0,1% de croissance en 2013 et 1,2% pour 2014, avec des déficits publics qui atteindraient 3,7% du PIB cette année là où Paris s'était engagé sur 3%.

Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a laissé entendre qu'un délai d'un an pouvait lui être accordé au vu de la conjoncture, mais à la condition de ramener ses déficits "nettement en dessous de 3%" du PIB en 2014.

Jean-Marc Ayrault a confirmé vendredi que le gouvernement actualiserait ses prévisions économiques et présenterait les grandes lignes de l'effort global de redressement dans le cadre du programme de stabilité 2013-2017, qui sera transmis au Parlement et à la Commission européenne à la mi?avril.

En attendant, les cinq milliards d'économies supplémentaires demandées s'inscrivent dans un cadre inchangé.

Il s'agira essentiellement de compenser les dépenses occasionnées par la mise en place du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) -d'un coût estimé à vingt milliards d'euros, dont dix milliards devront provenir d'économies sur l'ensemble du quinquennat- et des mesures jusqu'ici non financées comme les contrats de génération et le plan pauvreté.

"Le redressement des comptes publics s'inscrit dans ce cadre: il est indispensable pour restaurer nos marges de man?uvre", a souligné Jean-Marc Ayrault en réitérant l'objectif de retour à l'équilibre des finances publiques à l'horizon 2017.

Il sera atteint "par un partage équilibré des efforts entre recettes et dépenses, en associant l'ensemble des collectivités publiques", a-t-il fait valoir.

L'effort demandé par les lettres de cadrage "portera principalement sur les dépenses hors masse salariale, car nous avons pris l'engagement de stabiliser les effectifs de l'Etat", souligne-t-il en demandant "d'ambitieuses réformes structurelles sur les dépenses de chaque ministère".

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a estimé que le gouvernement payait ainsi la "facture" des années de surendettement chronique du "sarkozysme".

"Notre problème est de rétablir les finances publiques. C'est nécessaire de le faire, c'est difficile, nous ferons les efforts que nous devons faire dans cette période critique", a-t-il dit en marge d'une réunion avec les commissaires du redressement productif dans les régions.

Service France, édité par Yves Clarisse et Patrick Vignal

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  • chatnour le vendredi 8 mar 2013 à 15:45

    Pour ceux qui le peuvent : il faut réduire nos dépenses, notre consommation, nos embauches, notre activité même, de manière à amplifier la courbe de Laffer et faire chuter les recettes de cet état méprisant et gaspilleur de l'argent public ! De cette façon, on accélèrera l'échec de ces fantoches qui n'auront plus d'autre alternative que de se plier aux exigences de la troïka ! Elle est notre meilleur espoir de se débarrasser d'eux au plus vite et de les réduire quand ils y seront contraints.

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