Cinq ex-salariés d'Air France jugés pour des chemises déchirées

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    * La CGT dénonce un "procès politique" 
    * Trois ans de prison en jeu 
    * Air France veut être reconnue comme victime 
 
    BOBIGNY, Seine-Saint-Denis, 27 mai (Reuters) - Le procès des 
cinq ex-salariés d'Air France  AIRF.PA  poursuivis pour 
violences aggravées lors du comité central d'entreprise du 5 
octobre 2015 s'est ouvert vendredi devant le tribunal 
correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis). 
    Le 5 octobre, le directeur des ressources humaines, Xavier 
Broseta, et un responsable de l'activité long-courrier, Pierre 
Plissonnier (tous deux présents à l'audience vendredi) avaient 
été pris à partie par des salariés furieux après l'annonce de 
2.900 suppressions de postes.  
    Les images montrant ces dirigeants fuyant les manifestants, 
chemise arrachée et costume déchiré, ont fait le tour du monde. 
D'autres cadres avaient été molestés et des vigiles blessés.  
    Le Premier ministre, Manuel Valls, avait immédiatement 
dénoncé des comportements de "voyous" et demandé des sanctions 
"lourdes" pour leurs auteurs. 
    Quinze personnes au total sont poursuivies dans ce dossier.  
   Dix autres prévenus, ainsi que l'un des cinq, doivent en 
effet répondre de dégradations en réunion. Ils sont accusés 
d'avoir dégradé le portail d'accès au siège de la société. 
    Tous les prévenus sont adhérents à la CGT, sauf un, membre 
de Force ouvrière, précise-t-on de source syndicale. 
    La CGT, engagée dans un bras de fer avec le gouvernement 
contre la loi Travail, dénonce une "stratégie de criminalisation 
de l'action syndicale". Certains de ses membres ont commencé à 
se rassembler en début de matinée en contrebas du palais de 
justice de Bobigny en soutien aux employés poursuivis. 
     
    LA CGT DÉNONCE UN PROCÈS POLITIQUE 
    Le syndicat, qui attend 1.000 personnes à ce rassemblement, 
demande l'arrêt des poursuites et la réintégration des salariés 
licenciés. Quatre des cinq employés poursuivis pour violences en 
réunion ont en effet été licenciés par Air France.  
    Le licenciement du cinquième, seul délégué syndical, est 
pendant devant le ministère du Travail, après que l'inspection 
du Travail s'y fût opposée. Le ministère devrait se prononcer 
sur son cas d'ici vendredi prochain.  
    Devant le tribunal, les cinq hommes encourent jusqu'à trois 
ans de prison et 45.000 euros d'amende. 
    "C'est un procès politique", a dénoncé avant l'ouverture des 
débats Miguel Fortea, secrétaire général de la CGT Air France. 
"On ne se laissera pas intimider." 
    Les parties civiles espèrent quant à elles que le procès 
s'attachera à juger l'affaire pour ce qu'elle est, "c'est-à-dire 
des violences extrêmement graves, dans un contexte de tension 
avec des mouvements de foule", comme l'a indiqué à la presse Me 
Fanny Colin, qui représente un agent de sécurité malmené. 
    Il ne faut pas "faire de ce procès un combat syndical ou 
politique", a-t-elle ajouté. 
    "Air France et l'ensemble des parties civiles sont des 
victimes dans cette affaire et la justice pénale doit pouvoir 
les reconnaître comme telles", a de son côté déclaré Franck 
Raimbault, directeur juridique social de la compagnie aérienne. 
    Le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, est attendu  
devant le tribunal correctionnel de Bobigny en début 
d'après-midi, a-t-on appris de source syndicale. 
 
 (Chine Labbé, édité par Emmanuel Jarry) 
 

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  • boudet il y a 8 mois

    Ce ne sont pas uniquement des chemises arrachées, mais des actes de violence, de tentative de lynchage qui se seraient très mal passées si les agents de sécurité n'étaient pas intervenus.