Cinq attentats déjoués depuis janvier en France, dit Valls

le , mis à jour à 18:36
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* Le suspect de Villejuif garde le mutisme * La police à la recherche de complices * Une surveillance "dynamique" des églises catholiques (Actualisé avec Cazeneuve, Molins et préfet de police) PARIS, 23 avril (Reuters) - Cinq attentats ont été déjoués en France depuis ceux de janvier, en incluant celui que s'apprêtait vraisemblablement à commettre près de Paris l'homme arrêté dimanche, a déclaré jeudi Manuel Valls. Au lendemain de l'annonce de l'arrestation de Sid Ahmed Ghlam, un étudiant en informatique algérien de 24 ans soupçonné de viser des églises, les autorités ont toutefois exclu, faute de moyens, d'assurer un protection permanente des lieux de cultes chrétiens. "De nombreux attentats ont déjà été déjoués, cinq compte tenu de l'attentat qui heureusement n'a pas eu lieu à Villejuif il y a quelques jours", a dit le Premier ministre sur France Inter. Manuel Valls répondait à une question sur le nombre d'attentats évités depuis ceux qui ont frappé du 7 au 9 janvier la rédaction de Charlie Hebdo, une épicerie casher à Paris et coûté la vie à une policière à Montrouge, faisant 17 morts. Sid Ahmed Ghlam, qui a été retrouvé blessé par balle, garde le mutisme sur ses intentions après des déclarations initiales jugées "fantaisistes" par les enquêteurs. "Il n'a pas changé d'attitude", a dit le procureur de Paris François Molins lors d'une conférence de presse sur la sécurité dans la capitale, en se refusant à donner le moindre détail sur l'enquête en cours. Le suspect, qui était en contact avec une autre personne pouvant se trouver en Syrie, est également soupçonné du meurtre d'une jeune femme tuée par balle dimanche à Villejuif (Val-de-Marne). Sa garde à vue pourrait être prolongée jusqu'à samedi pour atteindre la durée exceptionnelle de six jours. La police est, selon plusieurs médias, à la recherche d'au moins un, peut-être deux complices, notamment son fournisseur d'armes. Manuel Valls s'est refusé à confirmer ces éléments, soulignant toutefois que des complicités étaient très probables. "Ce type d'individu n'agit pas seul, nous l'avons vu avec les attentats de janvier, il y a des réseaux, ceux qui apportent un soutien logistique", a déclaré le Premier ministre. Une personne de l'entourage du suspect a été placée en garde à vue mercredi matin après une opération menée à Saint-Dizier (Haute-Marne), où résident ses parents. "GARDES DYNAMIQUES" Alors que des voix se sont élevées, notamment dans l'opposition, pour s'interroger sur l'opportunité d'évoquer l'attentat évité au moment où le projet de loi sur le renseignement est en discussion, Manuel Valls l'a justifié la par son caractère concret. "Celui-ci prenait bien sûr une ampleur particulière, la menace était là, le passage à l'acte était sans doute en train d'être préparé, il y a eu un mort (...) on ne peut pas taire cela", a-t-il dit. "Il faut regarder la réalité en face, nous n'avons jamais fait face à une telle menace (...) Chacun doit être bien conscient que nous faisons face à la fois à un ennemi extérieur, que nous combattons (...) nous combattons aussi cet ennemi intérieur", a-t-il ajouté. Il a rappelé que 1.573 Français ou résidents en France étaient impliqués dans des filières terroristes, dont 442 se trouvent sans doute actuellement en Syrie. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé que le dispositif Vigipirate mis en place après les attentats de janvier serait adapté aux derniers événements, évoquant la mise en place de "gardes dynamiques", notamment des patrouilles, autour des lieux de culte catholiques. "Ce travail sera conduit par chaque préfet sur le ressort de son territoire" après un dialogue avec les responsables catholiques, a-t-il dit à l'issue d'un entretien avec le cardinal archevêque de Paris André Vingt-Trois. Manuel Valls avait indiqué mercredi que 178 lieux de culte catholiques, sur les 45.000 recensés en France, bénéficient d'une "protection spécifique". A Paris, le nouveau dispositif sera mis en place après des contacts entre l'archevêché et les commissaires d'arrondissement, a précisé le préfet de police "Nous sommes convenus ensemble d'avoir ce contact pour donner tous les conseils, prendre toutes les dispositions qui paraîtraient nécessaires", a dit Bernard Boucault lors d'une conférence de presse. "Evidemment, il n'est pas question et nous n'avons pas les moyens (...) de mettre des gardes statiques de protection", a-t-il dit. Il n'y a "pas de réserve magique d'effectifs". (Gregory Blachier et Gérard Bon, édité par Yann Le Guernigou)

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