Cinq arrestations après les violences à Amiens

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INTERPELLATIONS APRÈS LES VIOLENCES À AMIENS
INTERPELLATIONS APRÈS LES VIOLENCES À AMIENS

LILLE (Reuters) - La police a procédé à une première série de cinq interpellations à Amiens après les violences qui ont fait 17 blessés dans les rangs des forces de l'ordre dans la nuit de lundi à mardi, a indiqué jeudi la préfecture de la Somme.

Mais ces interpellations ne concernent pas les "meneurs" des violences, qui devraient intervenir dans les prochains jours, a précisé jeudi Eric Boussuge, le procureur adjoint de la République d'Amiens.

"On est bien convaincu (...) que les interpellations sont les premières interpellations et que ce ne sont pas des gros poissons", a déclaré Eric Boussuge lors d'un point presse.

"Ce qui nous intéresse c'est les meneurs, c'est les auteurs des faits les plus graves et ça on espère que c'est à venir dans les jours qui viennent", a-t-il ajouté.

Quatre personnes dont deux mineurs ont été arrêtées dans le quartier d'Amiens-Nord, théâtre des affrontements entre jeunes et policiers, a précisé la préfecture. Deux de ces personnes ont été interpellées pour incendie de poubelles, une pour vol et l'autre pour trafic.

Une cinquième personne, recherchée depuis dimanche soir pour incitation à la rébellion, a été interpellée dans un autre quartier de la ville. Ces cinq interpellations, qui concernent des personnes âgées de 15 à 30 ans habitant Amiens-Nord, ont un lien direct avec les violences de la nuit de lundi à mardi, a-t-on ajouté de même source.

DISPOSITIF DE SÉCURITÉ MAINTENU

La nuit de mercredi à jeudi a été calme, comme la précédente, indique la préfecture, qui ajoute qu'un dispositif de sécurité renforcé est maintenu pour procéder à de nouvelles interpellations et garantir le retour au calme.

De premiers incidents s'étaient produits dimanche à Amiens-Nord après un contrôle policier d'une dizaine de jeunes réunis pour rendre hommage à l'un de leurs camarades tué dans un accident de scooter.

La situation s'est embrasée lundi soir quand les policiers, confrontés à une centaine de jeunes émeutiers, ont essuyé des tirs de chevrotine et des jets de projectiles. Trois bâtiments publics, dont une école et un centre sportif, ont été incendiés.

Venu mardi sur place, Manuel Valls a été hué par des jeunes à son arrivée dans ce quartier récemment classé en "zone de sécurité prioritaire" où le taux de chômage approche 45%.

Le ministre de l'Intérieur avait promis la fermeté à l'égard des auteurs des violences et indiqué qu'il y aurait des interpellations.

Il s'agit du premier test important pour le nouveau gouvernement socialiste en matière de violences urbaines, un phénomène apparu en France dans les années 1970 et qui ébranle par intermittence les quartiers sensibles des grandes villes.

Fanny Bertrand, édité par Yves Clarisse

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